Attends Miyuki, de R. M. Galliez et S. S. Ratanavanh

Laissez-vous transporter par la délicatesse de cet album, la pureté de son message et la douceur de son univers graphique et littéraire… Un petit bijou plein de sens, à lire et relire sans limite d’âge !

« Terre bleue et lune orange, le printemps s’habille pour sa première aube de l’année. » Miyuki ne veut rien rater de cette journée extraordinaire. Très excitée, elle court partout pour vérifier que tout le monde est prêt à accueillir le printemps. Mais l’une des fleurs de son jardin n’a pas encore éclos. Vite, vite, elle cherche par tous les moyens à lui trouver de l’eau pure pour la réveiller. Et malgré les conseils de son grand-père, du puits, ou encore de la cascade, Miyuki ne veut pas simplement attendre, ne veut pas laisser le temps agir de lui-même quand bon lui semblera. Selon la petite fille, c’est impensable de manquer le premier jour du printemps ; tout le monde doit y participer ! Mais à s’entêter ainsi et à courir partout, Miyuki profite-t-elle réellement de ce jour ?…

Cet album, des éditions de la Martinière, est une ode à la contemplation et à la patience. Le bonheur peut nous apparaître très clairement si nous apprenons à profiter du présent ; à nous ouvrir à l’ici et maintenant. Rien ne sert de courir : levez le nez du sol, regardez le vol des hirondelles et la danse des nuages, et profitez !

Une mention spéciale pour l’illustration de Seng Soun Ratanavanh ; d’une finesse et d’une joliesse à faire fondre !

Attends Miyuki - Roxane Marie Galliez et Seng Soun Ratanavanh

Attends Miyuki
Roxane Marie Galliez et Seng Soun Ratanavanh
De la Martinière jeunesse – Février 2016
13,90 €

Attends Miyuki - Galliez et Ratanavanh

Attends Miyuki - Galliez et Ratanavanh

Critique du club des lecteurs : Guerre, et si ça nous arrivait ? de Janne Teller

Cette critique est un travail à quatre mains, entre le travail de Paolo et d’Emma.

Paolo :

« Guerre est un roman d’actualité écrit par Janne Teller. Elle essaie de nous sensibiliser au sujet de l’immigration et du sentiment d’exclusion. L’auteur nous parle à la deuxième personne du singulier pour mieux nous mettre dans la peau de son personnage. En ce moment, l’immigration est abondante et nous ne pouvons pas accueillir tout le monde. Et même ceux qui ont « de la chance » vivent dans des situations désastreuses (les camps de la honte). Ce livre nous démontre que notre vie pourrait être bien différente à cause de la guerre.

Nous avons 10 ans, vivons en France… et c’est la guerre. La vie est difficile, et on peut mourir à tout instant. Avec notre famille, nous décidons de partir en Égypte en tant qu’immigré. Après avoir obtenu le permis de séjour permanent, nous y restons. La guerre a gâché notre vie, « [nous] pens[ons] sans cesse au jour où [nous] pourr[ons] rentrer chez [nous]. » (p.50) Mais où chez nous ? Avons-nous toujours un pays ? »

L’avis d’Emma: « Je trouve que ce roman, rapide et simple à lire, est un texte important. Les conséquences de la guerre nous sont révélées, telles que la peur, l’immigration forcée, la perte de proches, l’angoisse, etc. Une guerre, quel qu’elle soit, peut changer une personne, changer les Hommes. Ce constat me vient du roman Si tu m’avais raconté, écrit par Marie Sauzon (publié en février 2015). La guerre détruit et plonge dans le mutisme. Comment se relever et vivre après avoir connu la mort et le désespoir ? »

Une citation pour inciter à la réflexion :  « Hélas, on voit que de tout temps / les petits ont pâti des sottises des grands. » Les Deux Taureaux et une grenouille, Jean de la Fontaine.

Guerre Janne Teller - ancienne couvertureGuerre Janne Teller - nouvelle couverture

Guerre, et si ça nous arrivait
Janne Teller
Ed. Grandes personnes – Mars 2012
5,50 €

Capture d’écran 2016-02-04 à 08.22.56

Grododo, Michaël Escoffier et Kris Di Giacomo

Les éditions Frimousse nous présente la dernière création du duo déjanté Michaël Escoffier et Kris Di Giacomo ; leur album Grododo.

César est un lapin dont la journée a été très chargée. Exténué, il se prépare pour un gros dodo. Avant de se coucher, tout est bien orchestré ; il dépose un verre d’eau sur sa table de nuit, range correctement ses pantoufles, vérifie qu’il n’y ait pas de monstre sous son lit, fait un gros câlin à son doudou, ferme les yeux, » puis s’endort sur ses deux oreilles ». Mais évidemment, sa nuit ne sera pas de tout repos : il n’a pas fini de se réveiller à cause de voisins peu respectueux de son sommeil ! Mais chaque fois qu’il se réveille, il est plus éreinté encore que précédemment, alors, peu à peu, son rituel si bien réglé va commencer à sérieusement dégénérer, et ça pour notre plus grand bonheur !…

Grododo s’inscrit dans la lignée de Ni vu, ni connu du même duo ; à la fois impertinent et absurde, le héros en voit de toutes les couleurs et n’est pas au bout de ses peines. Et nous, moqueurs-lecteurs, on en redemande de ce comique de répétition à la Benny Hill ! Notons que la chute de l’album est inattendue et très cocasse.

Grododo - Escoffier et Di Giacomo

Grododo
Mickaël Escoffier et Kris Di Giacomo
Ed. Frimousse – Janvier 2016
18 €

Grododo

Grododo