Culottées. Des Femmes qui ne font que ce qu’elles veulent – Pénélope Bagieu

Initialement publié sur le blog du Monde, le superbe travail de Pénélope Bagieu trouve enfin sa place sur nos étagères !

Dans ce documentaire / bande-dessinée, nous découvrons 15 portraits de femmes hors-du-commun. Que cela soit le sexisme, la censure, l’injustice, la maladie… Rien ne pouvait avoir raison de ces femmes fortes et déterminées ; personne ne pouvait contrôler leur vie à leur place, quelque soit le prix à payer. Entre ambition, désir de liberté et engagement politique, ces destins de femmes sont surprenants, émouvants, inspirants. Une lecture qui vaut le détour – et nous tenons à saluer le travail de synthèse et la fraîcheur du dessin de Pénélope Bagieu -, rappelant à certains, si besoin, que l’humanité et l’Histoire ne sont pas écrites uniquement par les hommes !…

Alerte à tous les mordus du travail de Pénélope Bagieu ; le tome 2 des Culottées est déjà sorti, on court le chercher !!!

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Culottées. Des Femmes qui ne font que ce qu’elles veulent
Pénélope Bagieu
Gallimard bande dessinée – Septembre 2016
19,50 €
9782070601387

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Critique du club des lecteurs : Nouvelles contemporaines, Regards sur le monde – Delphine de Vigan, Timothée de Fombelle et Caroline Vermalle

Nouvelles contemporaines. Regards sur le monde, est un recueil de nouvelles, écrites par Delphine de Vigan, Timothée de Fombelle et Caroline de Vermalle.
Cet ouvrage ne recèle que de nouvelles écrites à la première personne, et chacune d’elles met en scène des personnages, des familles,… toujours différents.
Elsa compte le temps qu’il reste avant que son père ne revienne, et, à force de compter, elle pense que son cœur devient sec ; May dessine sa future maison pendant la nuit, dans son hôtel ; un écrivain nous raconte sa vision du monde à travers son écriture ; Gaston, un homme âgé, ne cesse de penser que les choses auraient pu être différentes si son père n’était pas parti à la guerre, et continue à l’attendre dans son carrousel ; Vincent, qui cherche à redonner goût à la vie à sa fille qui a essayé de se suicider. Tous ces personnages sont héros de différentes nouvelles, et chacun possède sa propre conception du monde. Regarder les choses à travers les yeux d’Elsa, c’est différent qu’à travers ceux de May ou ceux de Vincent. Et cela entraîne une réflexion sur notre propre perception de ce qui nous entoure et de ce que l’on vit.
Tous les membres du club des lecteurs s’accordent à dire que les nouvelles ne sont pas toutes égales. Cela étant, si certaines n’ont pas été appréciées par un lecteur, elles peuvent avoir été adorées par un autre. Voilà pourquoi il est difficile de ne citer qu’une seule opinion de lecteur. Je vous propose donc trois réflexions de lecteur, créées par la lecture de trois nouvelles différentes:
Pour Ambre, la nouvelle de Timothée de Fombelle « J’ai attendu » fut une véritable révélation. Après avoir longtemps réfléchi à la signification de l’attente du personnage principal, elle a réalisé que nos conditions de vies ne tiennent parfois (notamment lorsque l’on est enfant) qu’à la chance ou la malchance. Cela soulève des interrogations quant aux notions d’inégalité et d’injustice – « pourquoi moi, et pas elle ? » -, mais aussi de hasard.
Pour Paolo, c’est la nouvelle de Caroline Vermalle « La Fille du déménageur » qui l’a le plus enthousiasmé. Cette nouvelle, entièrement fondée sur la relation entre un père et sa fille, est un exemple évident selon lui que l’argent ne fait pas le bonheur, et que le bonheur ne s’achète pas. On ne le trouve que dans l’amour et l’affection que l’on porte aux gens qui nous sont importants et dans la capacité à le leur dire.
Pour Martin, la nouvelle de Timothée de Fombelle « Le Dernier tour » est bouleversante. Déjà, dans un premier temps, parce que les derniers instants changent tout à fait la compréhension de l’intégralité de la lecture. Mais aussi, et surtout, parce qu’elle met en évidence le chagrin intarissable que peut nous procurer la perte d’un être cher, et comment la tristesse peut « rendre fou » lorsqu’elle est liée à un refus de continuer à vivre malgré tout.
Et vous, quelle nouvelle aura changer votre regard sur le monde ?…

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Nouvelles contemporaines. Regards sur le monde
D. de Vigan, T. de Fombelle et C. Vermalle
Livre de poche – Avril 2012
4,95 €
9782013232876

La Leçon – Michaël Escoffier et Kris Di Giacomo

Un album fort, qui vous souffle et vous laisse songeur longtemps, longtemps, longtemps… Une claque, comme on a besoin d’en recevoir.

Le fantastique duo Michaël Escoffier et Kris Di Giacomo n’a plus à nous prouver leur maîtrise de l’absurde et du comique. C’est évident que ces deux-là sont drôlissimes ! Mais avec leur dernier album La Leçon édité chez Frimousse, ils nous dévoilent une nouvelle facette de leur travail ; plus grave, plus sombre, mais aussi terriblement sensible et philosophique.

Via l’histoire d’un homme vivant au milieu des bois – un homme en colère contre « la bête » qui lui a encore volé des poules ; un homme très en colère, qui part en chasse pour donner une leçon à « la bête »… – et d’un loup affamé, les auteurs nous interrogent d’abord sur l’inscription et l’impact de l’Homme sur la Nature. Mais, dans un second temps, ils nous questionnent également sur la nature profonde de l’espèce humaine ; sur son habilité à la cruauté et son incapacité, parfois, à gérer sa colère et sa frustration.

« La Question » (nouvelle collection chez Frimousse) apparaît clairement : qui de l’Homme ou de la bête peut prétendre à la sagesse de l’humilité et de l’objectivité de sa condition ?…

Je ne vous dirai rien de la fin. Intelligente, pertinente, violente… Quelque soit votre lecture et interprétation, elle ne vous laissera pas indifférent.

Un véritable coup de cœur, évidemment ! Mais aussi un coup au cœur. Indéniablement.

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La Leçon
Michaël Escoffier et Kris Di Giacomo
Frimousse, coll. « La Question » – Janvier 2017
19,50 €
9782352413035

http://krisdigiacomo.over-blog.com/tag/livres/

 

Critique du club des lecteurs : La Joueuse de Go – Shan Sa.

La Joueuse de Go est un roman initiatique et historique, de littérature asiatique, écrit par Shan Sa dans les années 2000. L’histoire se déroule en Manchourie, dans la Chine des années 1930. On suit l’évolution de deux personnages ; une jeune fille et un jeune soldat. D’un chapitre à l’autre, nous suivons la vie de l’un, puis de l’autre.
Alors que la guerre entre la Chine et le Japon fait rage, deux jeunes adultes, une chinoise et un japonais, l’une passionnée par le go, l’autre par la guerre ; elle, poétique, lui, officier à l’armée. Eux, qui sont les contraires, les opposés ; ensemble, ils jouent au go et apprennent à s’aimer.
J’ai adoré ce livre, car il est magnifiquement écrit ! Et qui plus est, il est rédigé à la première personne, ce qui favorise une meilleure identification aux personnages.
La double narration – un chapitre nous parlant de la fille, et le suivant, du garçon – est réellement intéressante. Elle nous permet de comprendre les personnages, leur enfance, leurs pensées, mais aussi d’entrevoir les travers de la guerre (notamment lorsque l’on sait ce que vivent les rebelles…).
Sans vous en dire plus, je dois avouer que la fin du roman m’a surpris, ému, bouleversé.
[Cette critique a été rédigée par Emma, Paloma et Paolo. Merci à eux pour leur super travail !]
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La Joueuse de Go
Shan Sa
Gallimard – Janvier 2003 (pour cette édition)
7,70 €
9782070424191

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Le Tout Petit Bébé de la rivière – Armelle Modéré.

Voici un très joli album sur l’adoption, dans ces pays comme en Inde où naître fille est toujours un argument suffisant pour être abandonnée…

Une petite fille nous raconte comment, recueillie par une vieille et pauvre femme au cœur d’or, elle grandit, puis découvre à son tour – lors d’un passage en ville – les orphelinats et la vie de toutes ces petites filles laissées sans famille. Consciente de sa chance d’avoir rencontré sa Baba (c’est comme ça qu’elle appelle sa vieille Alhadita, qui l’a trouvée dans la rivière lorsqu’elle n’était encore qu’un nourrisson), elle décide de travailler dur à l’école pour, elle-aussi, aider ces enfants à vivre une vie plus douce, comme, elle, a eu la chance de connaître.

Cette histoire est terriblement touchante ! Le dessin, si fin et si fragile, lié au texte et aux propos qui en découlent, ainsi que la grande douceur qui caractérise les échanges entre les personnages, font du travail d’Armelle Modéré un petit bijou de sensibilité. D’autre part, cet album traite d’un sujet trop peu abordé : l’abandon des petites filles dans les pays d’Asie – où seuls les fils ont de la valeur…

Nous sommes heureuses d’avoir dorénavant une référence de qualité à proposer sur la thématique, et nous conseillons la lecture de cet album à tous les enfants.

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Le Tout Petit Bébé de la rivière
Armelle Modéré
Albin Michel jeunesse – Janvier 2017
14,50 €
9782226304194

 

Le Jour où je suis partie – Charlotte Bousquet.

Une nouvelle fois, Charlotte Bousquet nous séduit par la force de sa plume, de ses personnages et de ses convictions. Une lecture indispensable, à mettre dans toutes les mains ; adolescentes comme adultes !

Tidir est une jeune fille de 18 ans qui vit dans un petit village proche de Marrakech. Possédant un modèle de femme forte à ses côtés, son esprit est aiguisé, et ses pensées, critiques quant aux inégalités hommes-femmes. Mais ses idéaux se confrontent à la réalité ; à l’injustice immonde que doit subir sa meilleure amie, forcée d’épouser son violeur ; au désespoir qui rend la mort séduisante ; à l’impuissance face à un père qui a main-mise sur la vie de sa fille… La révolte gronde dans le cœur de Tidir.

Le journal télévisé relaie l’information qu’une marche aura lieu le 8 mars à Rabat pour les droits des femmes. Sa décision est prise : c’est là-bas qu’elle ira, avec celles et ceux qui veulent changer les choses. Là-bas ; où plus personne ne pourra la forcer à épouser un homme qu’elle déteste. Où la mémoire de son amie sera honorée…

Charlotte Bousquet signe ici un roman terriblement puissant. Juste et jamais manichéen, c’est le portrait d’une société déchirée entre archaïsme patriarcal et mondialisation, entre évolutions sociales et traditions, entre déterminisme et liberté individuelle. Une traversée du Maroc et de ses multiples visages… Bouleversant !

On notera que l’ouvrage est particulièrement bien documenté, et nous propose de nombreux renvois vers des blogs et des sites d’associations existantes, engagées pour l’égalité des hommes et des femmes et la défense des femmes au Maghreb et Moyen-Orient. Génial !

En bref, un engouement non dissimulé pour ce roman et cette auteure ! On en redemande encore ! encore ! encore !

Le jour où je suis partie - Charlotte Bousquet

Le Jour où je suis partie
Charlotte Bousquet
Flammarion jeunesse, coll. Tribal – Janvier 2017
13 €
9782081373853

 

Frida -Sébastien Perez et Benjamin Lacombe.

Pour leur dernière collaboration, Sébastien Perez et Benjamin Lacombe nous parlent de l’un des plus grands symboles de l’art mexicain ; Frida Kahlo.

Par le biais de leurs arts respectifs, les auteurs nous entraînent dans l’œuvre et l’âme de cette grande artiste, nous dévoilant des extraits de sa correspondance, ainsi que les thématiques qui lui étaient chères ; comme l’amour, le corps, la mort.

Sébastien Perez et Benjamin Lacombe nous offrent ici un hommage poignant pour une femme hors-du-commun, pour une artiste troublante et meurtrie ; monument d’humanité. Je vous ai parlé d’un hommage ?… Je pensais une ode.

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Frida
Sébastien Perez et Benjamin Lacombe
Albin Michel – Novembre 2016
25 €
9782226392367

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