A travers – Tom Haugomat

Petite bombe graphique, cet album nous propulse loin dans les cieux tout en nous clouant au sol. A travers est un jeu de regard, une incursion dans le destin d’un astronaute. Tout ce que le héros observe de l’autre côté d’une fenêtre, d’un objectif ou d’une palissade nous est retranscrit dans un style minimaliste aux couleurs éclatantes…

C’est un tour de force très délicat que nous propose Tom Haugomat : raconter une vie en quelques légendes et des images émouvantes. Chaque double page, année après année, évoque avec pudeur et clarté un événement de la grande ou de la petite histoire. Une lecture émouvante à découvrir dès 8 ans en autonomie ou dès 6 ans accompagné.

tom-haugomat-a-travers-3

A travers
Tom Haugomat
Thierry Magnier – Septembre 2018
9791035201708
20€

Le Clan des Otori – Lian Hearn

Au XIVe siècle, dans un Japon médiéval et fantastique, nous découvrons le destin hors du commun du jeune Takeo. Ce garçon espiègle et agile, grandit avec sa mère, son beau-père et ses sœurs, selon les traditions des Invisibles ; une communauté minoritaire persécutée pour leur croyance en un dieu unique qui ne connaitrait aucune hiérarchie entre ses fils. Pour un Invisible, non seulement le rang social n’influence en rien la valeur d’un Homme, mais en plus, le fait de donner la mort – à un Homme comme à un animal – vous promet à une condamnation divine. Ces fondements religieux ne sont, bien évidemment, pas au goût des samouraïs, dont l’honneur tient à leur pedigree et leur inflexibilité au combat. Un homme plus que les autres encore souhaite voir disparaître les Invisibles : c’est Iida, le chef du clan des Tohan. Réputé pour sa fourberie, son orgueil et sa violence, il fera basculer le destin de Takeo en massacrant toute sa famille et son village. Le jeune garçon sera sauvé de façon providentielle par Sire Shigeru, du clan des Otori, dont la haine contre Iida ne saurait être apaisée que par la vengeance… Dès lors, après avoir juré allégeance et promis sa vie à Shigeru, Takeo se retrouve plongé au cœur de luttes sanglantes et intestines des seigneurs de la guerre. Il devra faire des choix irrémédiables, qui l’entraineront chaque fois plus loin dans la découverte de ses origines, de ses compétences et de son libre arbitre. Jusqu’à quel point Takeo sera-il maître de sa destinée ?… C’est également la question que se pose Kaede ; jeune fille de noble famille, faite otage par l’un des clans allié d’Iida, et dont le fait d’être une femme à la beauté envoutante pourrait être son plus grand malheur… Les vies de Kaede et Takeo vont se croiser et s’unir. L’amour pourra-t-il s’imposer dans ce monde de violences et de vengeances ?…

Une saga extraordinaire, à découvrir ou redécouvrir urgemment en version intégrale !!!!! Un plaisir qui vous prend aux premières lignes et ne vous lâche pas, même après le point final.

A noter : l’auteure a publié cette année un préquel au Clan des Otori, Shikanoko, à découvrir, pour celles et ceux qui ont lu la précédente sage, mais en redemande !

Le Clan des Otori
Lian Hearn
Gallimard – Novembre 2014
26 €
9782070662494

Petit Pois – Davide Cali et Sébastien Mourrain

A sa naissance, Petit Pois n’est pas plus grand… qu’un petit pois ! On le baigne dans un bol, son berceau est une boite d’allumettes, ses chaussures appartiennent à des poupées… Mais rien n’empêche Petit Pois de grandir (à son échelle) et de s’épanouir. Son univers est aussi vaste que son imagination, et rien ne l’arrête. Rien, sauf peut-être sa première confrontation à la société… L’école n’est pas un terrain pour lui. Tout y est démesurément grand ; il n’a plus de repères, plus de plaisir. Petit Pois se noie dans le moule qu’on lui impose. Que va-t-il devenir ?… Sans vous raconter la fin de cette histoire, je peux vous assurer que Petit Pois s’en sortira très bien, car rien n’arrête les esprits libres comme le sien.

Cette jolie histoire, illustrée par les traits délicats de Sébastien Mourrain, est une douce manière de nous parler des enfants qui ne se sentent pas à l’aise à l’école, qui ne rentrent pas dans le cadre de la normalité que la société aimerait les voir adopter. Cette belle histoire explique à ces enfants (et à leurs parents !) que ça n’est pas grave de ne pas ressembler aux autres. On voit bien ici que ce n’est pas Petit Pois qui a un problème – lui qui est de nature si heureuse et débrouillarde ! – : c’est l’école qui n’est pas faite pour l’accueillir, l’accepter et l’apprécier à sa juste valeur. Cela étant, ça ne l’empêchera pas de devenir un adulte épanoui, qui trouve sa place dans notre monde et surtout, c’est bien le plus important, un équilibre dans sa vie. Lorsque l’on sait ce que l’on désire, il est plus facile d’affirmer qui nous sommes. Rester soi est le plus beau cadeau que l’on puisse se faire pour être sûr de vivre ses plaisirs et sa vie comme on le souhaite.

Petit Pois
Davide Cali & Sébastien Mourrain
Actes sud junior – Février 2017
9782330075590
13,50 €

Collection « Bam ! » de Gallimard jeunesse

Les éditions Gallimard ont lancé en février 2017 leur nouvelle collection « Bam ! ».

Ces documentaires au design punchy et à la mise en page claire et bien pensée, nous proposent une galerie de 40 portraits autour d’une thématique. Les personnalités sont présentées par ordre chronologique, mais rien ne vous empêche de picorer un portrait par-ci, par-là, au grès de vos intérêts et de vos envies.

Que vous soyez férus de mythologie, fans de foot, passionné de rock ou de pop music, ou en quête de modèles d’hommes et de femmes comme autant d’artisans pour la paix, alors cette petite collection est pour vous.

Hâte de découvrir les prochaines thématiques de cette belle collection plus que prometteuse !

 

 

 

 

 

Collection « Bam ! »
Gallimard jeunesse – Février 2017

Dieux par Sylvie Baussier et illustré par Almasty
Foot par Jean-Michel Billioud et illustré par Almasty
Rock pop par Hervé Guilleminot et illustré par Jérôme Masi
Paix par Sandrine Mirza et illustré par Le Duo

9,90 € chaque ouvrage

 

 

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Sang-de-lune – Charlotte Bousquet.

Et encore un coup de cœur (et un estomac noué !…) pour Charlotte Bousquet et son style incisif, sans concession, parfois brutal mais toujours sensible… à l’image de son regard sur l’humanité.

La cité d’Alta, quelque part sous terre. Une société austère, strictement régie par « le Conseil des 7 », où les femmes, dites sang-de-lune, doivent une soumission totale aux fils-du-soleil, les hommes. La raison : un texte sacré expliquant le pêché d’orgueil des femmes, ayant mené l’humanité à une vie de souffrances, loin du Père – le soleil. Sujettes aux ténèbres à cause de leur faiblesse de constitution et leurs vices naturels, une désobéissance de la part d’une sang-de-lune doit être fermement punie et peut entraîner incarcération, exil dans les Régions libres – où aucune lumière ne vient déranger les ténèbres… – ou, en châtiment ultime, lapidation.

Les femmes vivent dans la terreur, mais toutes s’y sont résignées. L’idée même d’une rébellion serait la preuve que les ténèbres se seraient insinuées en elles… La brutalité des hommes semble donc normale, ou tout du moins salutaire…

C’est dans ce monde que Gia vit. Elle accepte sa condition sans se poser de question, même si parfois la cruauté masculine lui semble injuste et démesurée. Cela étant, elle est prête à tout pour éviter que sa petite sœur ne subisse une quelconque brimade. Arienn ; si vive, si gaie, si curieuse… Gia a parfois peur pour elle. Pourquoi faut-il qu’elle pose tant de questions, qu’elle refuse parfois ce qu’on lui ordonne… Et si le Conseil des 7 envisageait ces traits de caractères comme la preuve que l’obscurité a commencé à pervertir son âme ?… Cette idée lui est insupportable. Elle ne les laissera pas faire. Et s’il le faut, elles s’enfuiront ensemble, iront se cacher dans les ténèbres des Régions libres.

Ces craintes, doublées d’éléments plus menaçants encore, pousseront les deux jeunes filles à se jeter dans la gueule de l’obscurité, où vivent les hordes sauvages d’hommes et les monstres que l’on dit faits de la même matière que le néant…

Ce roman – une dystopie féroce et sans compromis – est un rappel brutal de sociétés contemporaines à la nôtre, où les femmes et leurs droits sont complètement bafoués. C’est également un renvoi à la cupidité de l’Homme, à son désir de pouvoir(s), et cela même aux dépend de sa propre espèce et de son environnement. Enfin, c’est aussi un signal d’alarme pour que nous ôtions nos œillères et commencions à nous battre et faire entendre nos voix contre les injustices révoltantes qui nous entourent.

Un roman fort. Une claque mémorable… Mille mercis à Charlotte Bousquet de nous bousculer comme elle le fait.

Sang-de-lune

Charlotte Bousquet

Gulf Stream – Août 2016

9782354884161
17 €

Si j’étais ministre de la culture – Carole Fréchette et Thierry Dedieu.

Notre monde vit une période terrible ; empreinte de tensions sociales, de violences, de guerres. Les disparités et l’individualisme semblent chaque jour plus grands. La méfiance et la délation nous sont présentées comme des qualités civiques…

A la veille des élections présidentielles en France, nous ne pouvons que nous interroger : comment en sommes-nous arrivés là ? Quand avons-nous cessé de nous battre ? Voulons-nous réellement éduquer nos enfants – l’avenir de notre société – selon ces valeurs obscurantistes ?… Martin Luther King dit : « L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité : seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine :  seul l’amour le peut ». Et s’il est un seul conseil à suivre, c’est bien celui-ci ; nous devons donner aux enfants la lumière du savoir et la douce conscience de leur appartenance à l’espèce humaine. Et quoi de mieux, pour ce faire, que de développer leur curiosité, leurs sensibilités intellectuels et artistiques, leur culture ? Bien sûr, certains diront que l’urgence n’est pas là. Mais à tous, je lance une invitation bienveillante : prenez le temps de lire l’album édité par HongFei Si j’étais ministre de la culture, écrit par Carole Fréchette et illustré par Thierry Dedieu. Prenez le temps de comprendre la place des arts et de la culture dans nos vies ; prenez le temps de réaliser la chance que nous avons et les enjeux et devoirs qui en découlent. La vie culturelle d’un peuple n’est pas accessoire. Elle caractérise sa solidité, sa réflexivité, sa créativité et donc, sa mémoire culturelle et historique, sa capacité d’adaptation et sa compréhension des enjeux nationaux et internationaux. Soutenir la culture, c’est donner les moyens à un peuple de se comprendre, de s’unir et d’imaginer un avenir commun.

« Pendant la seconde guerre mondiale, un de ses conseillers suppliait Sir Winston Churchill de couper dans le budget des arts pour renforcer l’effort de guerre. Churchill lui répondit : « Mais alors, pourquoi nous battons-nous ? » »

Carole Fréchette a écrit ce texte manifeste en 2014, au moment des élections québecoises. C’est en 2017, quelques mois avant les présidentielles, qu’il est sorti en France…

Si j’étais ministre de la culture
Carole Fréchette et Thierry Dedieu
Hongfei – Mars 2017
9782355581243
14,50 €

 

Le Pique-nique parfait – Ciara Flood

Léger et sans prétention, Le Pique-nique parfait de Ciara Flood s’inscrit dans la même veine que Satanés lapins ! et nous inspire tout autant de sympathie et de tendresse.

Taupe et Écureuil sont les meilleurs amis du monde. Si tout les différencie, eux n’entrevoient pas l’ombre d’un problème à ça… Premier soupir d’aise  – parce que, oui, parfois, il ne nous en faut pas plus  – ! Et encore mieux : l’album n’aborde même pas le sujet de la différence !… Eh non, parce qu’Écureuil et Taupe savent bien qu’ils se complètent et s’aiment si fort, justement, parce qu’ils sont différents (deuxième soupir d’aise)… Nos deux compères, contents de passer le plus clair de leur temps ensemble, décident un jour d’aller pique-niquer. Pour ça, Écureuil veut que tout soit parfait. Taupe n’est pas contrariante et accepte tout ce qui semble préférable à son ami (même lorsqu’il lui dit de ne pas mettre de beurre dans les sandwiches, alors qu’elle adore ça). Mais voilà, les choses ne vont pas se dérouler précisément comme Écureuil l’avait souhaité…

Vous pensez connaître d’ores et déjà la fin et les péripéties qui la précède, n’est-ce pas ? Et bien vous pourriez être surpris !…

Aucun heurt dans l’univers de Ciara Flood. Sous une esthétique ronde et facile et un texte court, se cache un doux message : la vie peut être douce, et les épreuves, gentilles, pour que nous le comprenions. La littérature, comme la vie, n’a pas toujours besoin de force et de brisure pour nous combler ou nous émouvoir.

Le Pique-nique parfait aux éditions Circonflexe, c’est un brin d’herbe qui nous rappelle les prés verdoyants ; un rayon de soleil qui porte en lui une goutte de printemps ; une noisette de beurre qui rend la vie plus gourmande et plus souriante.

Le Pique-nique parfait
Ciara Flood
Editions Circonflexe – Mars 2017
9782878338522
13 €

 

Culottées. Des Femmes qui ne font que ce qu’elles veulent – Pénélope Bagieu

Initialement publié sur le blog du Monde, le superbe travail de Pénélope Bagieu trouve enfin sa place sur nos étagères !

Dans ce documentaire / bande-dessinée, nous découvrons 15 portraits de femmes hors-du-commun. Que cela soit le sexisme, la censure, l’injustice, la maladie… Rien ne pouvait avoir raison de ces femmes fortes et déterminées ; personne ne pouvait contrôler leur vie à leur place, quelque soit le prix à payer. Entre ambition, désir de liberté et engagement politique, ces destins de femmes sont surprenants, émouvants, inspirants. Une lecture qui vaut le détour – et nous tenons à saluer le travail de synthèse et la fraîcheur du dessin de Pénélope Bagieu -, rappelant à certains, si besoin, que l’humanité et l’Histoire ne sont pas écrites uniquement par les hommes !…

Alerte à tous les mordus du travail de Pénélope Bagieu ; le tome 2 des Culottées est déjà sorti, on court le chercher !!!

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Culottées. Des Femmes qui ne font que ce qu’elles veulent
Pénélope Bagieu
Gallimard bande dessinée – Septembre 2016
19,50 €
9782070601387

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Critique du club des lecteurs : Nouvelles contemporaines, Regards sur le monde – Delphine de Vigan, Timothée de Fombelle et Caroline Vermalle

Nouvelles contemporaines. Regards sur le monde, est un recueil de nouvelles, écrites par Delphine de Vigan, Timothée de Fombelle et Caroline de Vermalle.
Cet ouvrage ne recèle que de nouvelles écrites à la première personne, et chacune d’elles met en scène des personnages, des familles,… toujours différents.
Elsa compte le temps qu’il reste avant que son père ne revienne, et, à force de compter, elle pense que son cœur devient sec ; May dessine sa future maison pendant la nuit, dans son hôtel ; un écrivain nous raconte sa vision du monde à travers son écriture ; Gaston, un homme âgé, ne cesse de penser que les choses auraient pu être différentes si son père n’était pas parti à la guerre, et continue à l’attendre dans son carrousel ; Vincent, qui cherche à redonner goût à la vie à sa fille qui a essayé de se suicider. Tous ces personnages sont héros de différentes nouvelles, et chacun possède sa propre conception du monde. Regarder les choses à travers les yeux d’Elsa, c’est différent qu’à travers ceux de May ou ceux de Vincent. Et cela entraîne une réflexion sur notre propre perception de ce qui nous entoure et de ce que l’on vit.
Tous les membres du club des lecteurs s’accordent à dire que les nouvelles ne sont pas toutes égales. Cela étant, si certaines n’ont pas été appréciées par un lecteur, elles peuvent avoir été adorées par un autre. Voilà pourquoi il est difficile de ne citer qu’une seule opinion de lecteur. Je vous propose donc trois réflexions de lecteur, créées par la lecture de trois nouvelles différentes:
Pour Ambre, la nouvelle de Timothée de Fombelle « J’ai attendu » fut une véritable révélation. Après avoir longtemps réfléchi à la signification de l’attente du personnage principal, elle a réalisé que nos conditions de vies ne tiennent parfois (notamment lorsque l’on est enfant) qu’à la chance ou la malchance. Cela soulève des interrogations quant aux notions d’inégalité et d’injustice – « pourquoi moi, et pas elle ? » -, mais aussi de hasard.
Pour Paolo, c’est la nouvelle de Caroline Vermalle « La Fille du déménageur » qui l’a le plus enthousiasmé. Cette nouvelle, entièrement fondée sur la relation entre un père et sa fille, est un exemple évident selon lui que l’argent ne fait pas le bonheur, et que le bonheur ne s’achète pas. On ne le trouve que dans l’amour et l’affection que l’on porte aux gens qui nous sont importants et dans la capacité à le leur dire.
Pour Martin, la nouvelle de Timothée de Fombelle « Le Dernier tour » est bouleversante. Déjà, dans un premier temps, parce que les derniers instants changent tout à fait la compréhension de l’intégralité de la lecture. Mais aussi, et surtout, parce qu’elle met en évidence le chagrin intarissable que peut nous procurer la perte d’un être cher, et comment la tristesse peut « rendre fou » lorsqu’elle est liée à un refus de continuer à vivre malgré tout.
Et vous, quelle nouvelle aura changer votre regard sur le monde ?…

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Nouvelles contemporaines. Regards sur le monde
D. de Vigan, T. de Fombelle et C. Vermalle
Livre de poche – Avril 2012
4,95 €
9782013232876

La Leçon – Michaël Escoffier et Kris Di Giacomo

Un album fort, qui vous souffle et vous laisse songeur longtemps, longtemps, longtemps… Une claque, comme on a besoin d’en recevoir.

Le fantastique duo Michaël Escoffier et Kris Di Giacomo n’a plus à nous prouver leur maîtrise de l’absurde et du comique. C’est évident que ces deux-là sont drôlissimes ! Mais avec leur dernier album La Leçon édité chez Frimousse, ils nous dévoilent une nouvelle facette de leur travail ; plus grave, plus sombre, mais aussi terriblement sensible et philosophique.

Via l’histoire d’un homme vivant au milieu des bois – un homme en colère contre « la bête » qui lui a encore volé des poules ; un homme très en colère, qui part en chasse pour donner une leçon à « la bête »… – et d’un loup affamé, les auteurs nous interrogent d’abord sur l’inscription et l’impact de l’Homme sur la Nature. Mais, dans un second temps, ils nous questionnent également sur la nature profonde de l’espèce humaine ; sur son habilité à la cruauté et son incapacité, parfois, à gérer sa colère et sa frustration.

« La Question » (nouvelle collection chez Frimousse) apparaît clairement : qui de l’Homme ou de la bête peut prétendre à la sagesse de l’humilité et de l’objectivité de sa condition ?…

Je ne vous dirai rien de la fin. Intelligente, pertinente, violente… Quelque soit votre lecture et interprétation, elle ne vous laissera pas indifférent.

Un véritable coup de cœur, évidemment ! Mais aussi un coup au cœur. Indéniablement.

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La Leçon
Michaël Escoffier et Kris Di Giacomo
Frimousse, coll. « La Question » – Janvier 2017
19,50 €
9782352413035

http://krisdigiacomo.over-blog.com/tag/livres/