Sexe sans complexe – Bérangère Portalier et Frédéric Rébéna.

Un documentaire sans langue de bois et sans tabou ; une réponse rassurante à toutes les interrogations des adolescents au sujet de la sexualité ; une « mise à niveau » pour rappeler à toutes et tous que le sexe, ce n’est pas qu’une affaire de corps et de mécanique, mais bel et bien une histoire de désirs, de respect et de laisser-aller. ENFIN un documentaire sur la sexualité comme on en attendait  !!!

Vous rappelez-vous de toutes ces questions que vous vous posiez sur la sexualité lorsque vous étiez ado, mais que vous n’osiez pas verbaliser – et auprès de qui d’ailleurs ? Toutes ces angoisses, à priori, et fausses idées ; toutes ces envies nouvelles et déstabilisantes, ces réactions corporelles involontaires et donc gênantes, ou encore cette volonté de découvrir son corps et celui de l’autre ? Eh bien Bérangère Portalier s’en souvient parfaitement, et s’est échinée à répondre à chaque interrogation le plus clairement possible, sans tergiverser et en utilisant des mots précis et justes. La masturbation, les règles, les attirances sexuelles, la contraception, les positions, les films pornographiques, les fantasmes… tout y passe ! Tout est décrypté, et finalement « normalisé ». Parce qu’il n’y a aucune honte à y penser, à en parler et à le faire ! Ouf, enfin un documentaire rassurant, qui réintègre l’affectif dans le corporel, et la sexualité dans la vie.

La librairie Tire-Lire est devenue une inconditionnelle de ce documentaire, et une inconditionnelle de Bérangère Portalier (on doit bien l’avouer) ! Un gigantesque merci à elle, mais aussi à Frédéric Rébéna pour ses illustrations remarquables, et à Actes sud junior pour cette libération de la parole.

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Sexe sans complexe
Bérangère Portalier et Frédéric Rébéna
Actes sud junior – Mai 2016
14 €
9782330063122

 

Le tatoueur du ciel – Hubert Ben Kemoun et David Sala

Casterman a eu la bonne idée de ressortir ce conte avec le portrait du personnage central en couverture.

Il était une fois… un jeune fils de sultan, orgueilleux et enivré par sa puissance, qui souhaitait que le ciel lui obéisse.
Un jour de s’était pas même écoulé que, par la menace et la destruction, il obtenait ce qu’il désirait ; chasser les nuages, éliminer les oiseaux, tatouer le ciel d’un immense arc-en-ciel. Son bonheur n’avait d’égal que la tristesse de son premier ministre, forcé d’obéir aux ordres pour ne pas perdre la vie, et la dévastation du royaume où nul n’avait plus de toit et de vêtements à cause des exigences de l’enfant-roi.
Alors que l’enfant s’extasiait devant son œuvre de désolation, le père, sultan et souverain, rentra. Il vit ce qu’avait fait son fils, et il su lire dans ses yeux la fierté qu’il en retirait. Alors, sans s’énerver, le père dit au fils que si un jour il souhaitait gouverner, quand bien même le ciel, il devrait avant tout réparer tout ce qui avait été détruit par sa faute. Il devrait être de toutes les reconstructions, de tous les chantiers.
Le royaume fut reconstruit, plus beau encore qu’il ne l’avait jamais été. Mais cela prit beaucoup, beaucoup de temps. Des années, des dizaines d’années. Le petit sultan était devenu un vieillard, et pourtant, il n’avait toujours pas fini de découdre les tissus de son arc-en-ciel, tatouage du ciel. Mais, souriant et comme apaisé, il semblait avoir compris une grande leçon de vie : détruire est une chose aisée et rapide, mais réparer et reconstruire demande bien plus de temps et d’investissement.

Ce conte à la trame traditionnelle, dans le sens où le lecteur y reconnaît une cruauté intrinsèque à ce genre littéraire mettant en exergue la morale finale, est d’une grande précision. La justesse de ton et la finesse de l’illustration (respectivement d’Hubert Ben Kemoun et David Sala), sans palabres ni fioritures, servent d’autant mieux à un sentiment de justice une fois le conte terminé.
Excellent album pour amener le jeune lecteur ou l’auditeur à une réflexion sur les caprices et les conséquences de ses actes.

Le tatoueur du ciel
Hubert Ben Kemoun et David Sala
Casterman – Janvier 2015
13,95 €

Capture d’écran 2015-03-03 à 22.18.31

Ma grand-mère m’a mordu

Marcus s’est fait mordre par sa grand-mère. Personne ne le croit, surtout pas son père, ni sa maîtresse… Sa grand-mère a voulu regarder «Des chiffres et des lettres» à la télé, mais il a refusé de changer de chaîne tant que son film n’était pas fini. Alors elle a essayé de lui arracher la télécommande des mains et il a résisté. Elle l’a mordu. On peut encore voir la trace des dents sur son poignet. Pourtant, personne ne le croit. Une grand-mère, ça ne mord pas !
Sa copine Fleur est la seule à le comprendre. Elle aussi a une grand-mère «totalement abominable». Elle propose à Marcus de faire partie des VMV, l’association des Victimes des Mêmes Violentes. Leur devise : Oeil pour oeil, dent pour dent…

Toujours la très belle plume d’Audren, juste et drôle, qui dit bien que le respect doit se faire dans les deux sens : des enfants vers les aînés, mais également des aînés vers les enfants. Un petit roman loufoque où sont abordés, avec légèreté tout de même, le divorce, les relations familiales, la parole des enfants face à celle des adultes, l’amour. Un régal de lecture.

Ma grand-mère m'a mordu

Ma grand-mère m’a mordu
Audren
Ecole des loisirs – janvier 2013
6,50 €