L’Histoire de Diva et Filou – Mo Willems et Tony Diterlizzi.

D’abord, il y a Diva ; une petite chienne docile et consciencieuse, qui habite un vieil immeuble élégant de Paris. Sa maîtresse y est concierge, et Diva monte la garde dans le jardin. Ou tout du moins essaie, parce que, il faut bien l’avouer, elle est très peureuse. Surtout quand elle entend claquer les talons des humains… Quelle peur ces grands pieds ! Diva est si petite, elle pourrait se faire écraser ! Alors autant vous dire qu’elle n’est jamais sorti de son jardin… Et puis il y a Filou. Lui, c’est un chat bohème, qui vit et va où bon lui semble. C’est un flâneur qui aime, au fil de ses marches tranquilles, voir, découvrir, entendre, humer. Il n’a jamais vécu en intérieur, et puis la compagnie des humains, houspilleurs et agressifs, très peu pour lui. Ces deux-là vont bien évidemment se rencontrer, s’apprivoiser, se soutenir et apprendre de l’autre.

La trame et les illustrations sont classiques et presque désuètes, mais que voulez-vous, la magie opère ! Le texte est tendre, les personnages tellement bienveillants… Le ton est juste, c’est une poétique  du petit-rien qui vous porte comme une brise. Un coup de cœur inattendu, qui devrait ravir les petits lecteurs. En somme, un petit roman à déguster… Trop bon !

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

L’Histoire de Diva et Filou
Mo Willems et Tony Diterlizzi
7, 30 €
Gallimard – juin 2016
9782070600908

 

Publicités

Robin des graffs – Muriel Zürcher

Sam est un jeune homme généreux. Il chante dans la chorale des Copains d’abord au cimetière du Père Lachaise pour les SDF qui ne seront pas pleurés. Il joue aux échecs contre une vieille dame pour gagner sa vie et son logement. Mais le seul projet plein de sens pour lui est celui de graffer dans Paris tous les animaux de l’Arche de Noé issus d’un livre essentiel de son enfance. Le hasard met sur sa route une petite fille de cinq ans, ayant fugué de son foyer, qui s’accroche à lui en le désignant tout de suite comme sa seule famille. Des enquêtes vont s’entremêler, mais les recherches mettent la police sur les dents : désaccord sur la priorité entre retrouver qui est Robin des graffs ou chercher l’enfant disparue.

Sur un rythme très enlevé aux chapitres très courts, le lecteur ne peut pas lâcher Robin des graffs. (allez, encore un p’tit chapitre !) On savoure l’intrigue pleine de sensibilité, de rebondissements, d’humanité et d’humour. Les nombreux personnages aux identités fortes sont particulièrement attachants : les héros Sam et Lilibelle bien sûr, mais aussi Nora la capitaine de police partagée entre ses émotions et son devoir, Mme Decastel acariâtre et subtile vieille dame, Hector Laval l’avocat de la cause des faibles… Sam ne veut pas s’attacher à cette petite fille car il a un cœur blessé, mais elle lui renvoie toute son enfance et ce qu’il est, il n’arrive pas à la ramener dans son foyer. Tous les questionnements entre ce que chacun doit faire et ce qu’il veut faire sont très forts ; on les retrouve pour presque tous les protagonistes du roman. Aussi, le dilemme subi par la capitaine de police résonne avec l’actualité : faut-il mener l’enquête sur Robin des Graffs que tous les médias relaient comme lui ordonne son commissaire ou bien retrouver la petite fille qui court un danger ? L’analyse du 4ème pouvoir que sont les médias est très fine. Réflexions très actuelles.

Un gros coup de cœur pour ce roman, donc ! Malgré une fin tellement « happy end » (pour briguer Hollywood ça, non ?!).

Robin des graffs - Muriel Zürcher

Robin des graffs
Muriel Zürcher
Ed. Thierry Magnier – février 2016
14,50 €

Robin des graffs

Les Sous-vivants – Johan Héliot

Notre civilisation et le monde que nous avions créés – les codes, les cultures, les dieux,… – sont tombés en cendres. L’Homme moderne n’est plus, et il a emporté dans sa chute les espèces animales (ne restent plus que des sortes d’amphibiens mutants et autres insectes étranges, et quelques oiseaux noirs). Personne ne peut dire ce qui a causé sa perte. Les ruines de notre monde n’apprennent rien aux nouveaux hommes, qui ne sont d’ailleurs plus qu’une poignée d’être humains stériles, vivant en tribus, et dont l’espérance de vie est largement réduite à cause du soleil qui brûle leurs peaux et des maladies qui y sont liées. Et c’est sans compter sur les ferhoms ; d’étranges monstres de fer qui rôdent le soir pour enlever les membres des tribus qui n’auraient pas pris soin de se réfugier dans leur antrenuit au coucher du soleil. Nul ne sait où les ferhoms emmènent les hommes et femmes kidnappés ; les membres des tribus savent juste qu’ils disparaissent dans les entrailles de la Terre pour ne plus jamais en revenir… Et les enfants apparaissent tout aussi mystérieusement ! Les origines et le renouvellement des tribus sont obscurs et couronnés de mythologies toutes plus effrayantes et sibyllines les unes que les autres.

Voilà dans quel monde nous découvrons Soria, fille de la tribu d’Ilsite dont les membres souffrent affreusement de la faim. Amin, le chef de cette tribu et père de Soria, décide de sortir de leur territoire pour aller faire du troc avec une autre tribu. L’entreprise est périlleuse, mais ils n’ont plus le choix. Cependant, comme le craignait Soria, son père est capturé par un ferhom. N’écoutant que son courage, Soria va partir à sa recherche, accompagnée de son ami Selim, et découvrir les Purs, ceux qui se cachent derrière ces monstres d’acier, ainsi que l’étrange secret de leurs origines…

Ce roman de science-fiction, dernière création de Johan Héliot, s’annonce comme une future référence du genre en littérature adolescente : un univers post-apocalyptique saisissant de vraisemblance et de détails, des personnages énigmatiques dont les codes sociaux nous sont tout à fait étrangers et nous mettent parfois mal à l’aise, ou encore une interprétation des origines de cette néo-humanité à la fois dérangeante mais rassurante… Autant d’éléments qui font qu’une fois la première page passée, vous ne pouvez plus vous arrêtez de lire ! Notons les hommages plus ou moins directs rendus par J. Héliot à l’œuvre de H.G. Wells, La Machine à explorer le temps, via la structure des sociétés (sur terre/sous terre), les « habitudes culinaires » des Purs et leur apparence (pourtant peu décrite) rappelant étrangement celle des Morlocks… Frissons de dégoût garantis !

Les sous vivant - Johan Héliot

Les Sous-Vivants
Johan Héliot
Seuil – Janvier 2016
14 €

Les sous vivants

Cité 19 – Stéphane Michaka

Faustine, en fouillant dans les pas de son père disparu, se trouve projetée au cœur d’un Paris du XIXème siècle. Ayant baigné dans cette période pendant toute son enfance, elle se retrouve dans un monde qui lui est rapidement familier. Il y a tout de même un élément intrigant : impossible de déterminer exactement à quelle date elle s’est réveillée, il reste un flou. Faustine est embarquée dans une intrigue où elle poursuit un personnage très inquiétant…

On ne veut pas trop en dire pour ne pas tout dévoiler… Dans ce roman à l’écriture rapide avec ses chapitres courts, Stéphane Michaka jongle entre roman historique, science-fiction et polar ! La construction de cette fiction est totalement surprenante et haletante. Le lecteur ne sera peut-être pas séduit dans les premières pages, mais il le deviendra très rapidement avec une plongée dans les grands chantiers d’Hausmann, puis avec un grand rebondissement au milieu de ce premier tome. On attend le deuxième tome avec impatience maintenant que les pièces de l’intrigue sont posées…

Ce roman a été raconté en épisode sur France Culture en 2012, ce devait être très prenant !

Cité 19 - Stéphane Michaka

Cité 19, tome 1
Stéphane Michaka
Rocket jeunesse – Octobre 2015
16,90 €

Cité 19 - Michaka