Azadah, Jacques Goldstyn.

Un album pudique à la justesse bouleversante…

Que dire d’autre de ce dernier bijou de Jacques Goldstyn, publié aux éditions de La Pastèque, si ce n’est que l’auteur nous offre une nouvelle fois une œuvre rare et sensible. Il nous raconte l’histoire d’une petite fille afghane, de son amitié avec une reporter photographe occidentale en fin de mission ; une femme qui a eu le choix de vivre sa vie comme elle le souhaitait et qui a donné l’envie d’Être et de devenir maîtresse de sa destinée à cette petite fille.

Azadah, c’est l’histoire d’un déchirement, d’une séparation, mais aussi d’une naissance ; celle de l’espoir et de l’Agir. Il faut parfois bien peu de mots et bien peu de traits pour dire beaucoup et bousculer davantage… L’album se termine part un symbole très fort que l’on ne dévoilera pas ici !

Merci à Jacques Goldstyn et à La Pastèque de nous avoir bousculé.

Azadah - Jacques Goldstyn - La Pasteque

Azadah
Jacques Goldstyn
La Pastèque – Juin 2016
15 €
9782923841960

Azadah goldstyn

Enregistrer

Le tatoueur du ciel – Hubert Ben Kemoun et David Sala

Casterman a eu la bonne idée de ressortir ce conte avec le portrait du personnage central en couverture.

Il était une fois… un jeune fils de sultan, orgueilleux et enivré par sa puissance, qui souhaitait que le ciel lui obéisse.
Un jour de s’était pas même écoulé que, par la menace et la destruction, il obtenait ce qu’il désirait ; chasser les nuages, éliminer les oiseaux, tatouer le ciel d’un immense arc-en-ciel. Son bonheur n’avait d’égal que la tristesse de son premier ministre, forcé d’obéir aux ordres pour ne pas perdre la vie, et la dévastation du royaume où nul n’avait plus de toit et de vêtements à cause des exigences de l’enfant-roi.
Alors que l’enfant s’extasiait devant son œuvre de désolation, le père, sultan et souverain, rentra. Il vit ce qu’avait fait son fils, et il su lire dans ses yeux la fierté qu’il en retirait. Alors, sans s’énerver, le père dit au fils que si un jour il souhaitait gouverner, quand bien même le ciel, il devrait avant tout réparer tout ce qui avait été détruit par sa faute. Il devrait être de toutes les reconstructions, de tous les chantiers.
Le royaume fut reconstruit, plus beau encore qu’il ne l’avait jamais été. Mais cela prit beaucoup, beaucoup de temps. Des années, des dizaines d’années. Le petit sultan était devenu un vieillard, et pourtant, il n’avait toujours pas fini de découdre les tissus de son arc-en-ciel, tatouage du ciel. Mais, souriant et comme apaisé, il semblait avoir compris une grande leçon de vie : détruire est une chose aisée et rapide, mais réparer et reconstruire demande bien plus de temps et d’investissement.

Ce conte à la trame traditionnelle, dans le sens où le lecteur y reconnaît une cruauté intrinsèque à ce genre littéraire mettant en exergue la morale finale, est d’une grande précision. La justesse de ton et la finesse de l’illustration (respectivement d’Hubert Ben Kemoun et David Sala), sans palabres ni fioritures, servent d’autant mieux à un sentiment de justice une fois le conte terminé.
Excellent album pour amener le jeune lecteur ou l’auditeur à une réflexion sur les caprices et les conséquences de ses actes.

Le tatoueur du ciel
Hubert Ben Kemoun et David Sala
Casterman – Janvier 2015
13,95 €

Capture d’écran 2015-03-03 à 22.18.31