Critique du club des lecteurs : Himalaya, l’enfance d’un chef. Evelyne Brisou-Pellen.

Depuis le début du cinéma, beaucoup de livres ont fait l’objet d’adaptations filmiques ; comme Autant on emporte le vent (en 1939), ou plus récemment Harry Potter – en 2001 pour le premier film -, ou encore Deadpool cette année 2016. Cependant, il existe d’autres types d’adaptations, comme celle passant du livre aux beaux-arts, ou à d’autres genres littéraires ; à savoir la poésie ou encore la bande dessinée.
Nos jeunes critiques littéraires se sont, eux, intéressés à deux types d’adaptations : celle passant du roman au film, avec l’œuvre d’Evelyne Brisou-Pellen Himalaya, l’enfance d’un chef, et une autre, passant du roman à la bande dessinée, avec l’œuvre originale de Jules Verne ; Les Enfants du Capitaine Grant.

Voici la critique d’Himalaya, l’enfance d’un chef, réalisée par Noé :

« Au cours de ce roman d’Evelyne Brisou-Pellen, nous découvrons un enfant népalais – Tséring – dont le père, Lhapka, chef du village et de la caravane, est mort lors d’une expédition pour aller chercher du sel. Son grand-père Tinlé lui dit que c’est Karma, un homme ambitieux et éternel opposé de Lhapka qui l’aurait tué. Cela étant, comment être sûr de la parole de Tinlé qui ne rêve que d’une chose ; redevenir chef de la caravane. Tséring est voué à devenir chef, mais il va devoir tout apprendre.  Mais de qui ? et en qui avoir confiance ; Tinlé ou Karma ?

J’ai aimé le personnage de Tséring, son investissement dans cette mission de devenir chef et son envie d’honorer son père via son héritage. Karma est également un rôle important, notamment dans la formation de Tséring. C’est un personnage fort qui, finalement, est une figure paternelle pour Tséring. Il chercher uniquement à le protéger et le guider pour faire de lui un chef digne de ce nom. Par contre, le personnage de Tinlé m’a déplu. parfois dictateur et manipulateur, je l’ai trouvé trop orgueilleux.

Himalaya est un très bon roman d’initiation et il m’a beaucoup plu. Cette relation entre les montagnes, les dieux et les Hommes – les personnages ne se fiant qu’aux dieux et se méfiant des démons – ; ce mystique m’a beaucoup touché. Pour eux, la Terre est une mère, et connaître tous les noms des montagnes signifie devenir un dieu. Ne devrions-nous pas nous en inspirer ?… »

Himalaya - Brisou Pellen

Himalaya, l’enfance d’un chef
Evelyne Brisou-Pellen
Pocket jeunesse – 1999 (dernière édition)
5,95 €

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Critique du club des lecteurs : Les enfants du Capitaine Grant. Alexis Nesme.

Le mois de février, pour le club des lecteurs, a été consacré aux adaptations de romans via d’autres médias !

Depuis le début du cinéma, beaucoup de livres ont fait l’objet d’adaptations filmiques ; comme Autant on emporte le vent (en 1939), ou plus récemment Harry Potter – en 2001 pour le premier film -, ou encore Deadpool cette année 2016. Cependant, il existe d’autres types d’adaptations, comme celle passant du livre aux beaux-arts, ou à d’autres genres littéraires ; à savoir la poésie ou encore la bande dessinée.
Nos jeunes critiques littéraires se sont, eux, intéressés à deux types d’adaptations : celle passant du roman au film, avec l’œuvre d’Evelyne Brisou-Pellen Himalaya, l’enfance d’un chef, et une autre, passant du roman à la bande dessinée, avec l’œuvre originale de Jules Verne ; Les Enfants du Capitaine Grant.

Voici la critique des Enfants du Capitaine Grant, réalisée par Emma:

« Lors d’une sortie en mer, Lord Glenervan, Lady Héléna et leur équipage trouvent, dans le ventre d’un requin, un mystérieux message de détresse. Il révèle le naufrage d’un navire, le Britannia, et l’enlèvement de son capitaine, Lord Grant. S’il est impossible de savoir ce qu’il est advenu du capitaine et de son équipage, tant le message s’est abîmé, un indice de leur géolocalisation est tout de même lisible ; Grant et son équipe se trouveraient sur le 37e parallèle. Après quelques investigations, l’équipe de Lord Glenervan et Lady Héléna parvient à une conclusion quant à la localisation du capitaine Grant ; il pourrait se trouver en Patagonie. C’est ainsi que va débuter cette grande et longue aventure, entre mers et terres sauvages. Car Lord Glenervan, Lady Héléna, accompagnés des enfants du capitaine Grant, du major McNabbs et du géographe français Jacques Paganel, ne sont pas au bout de leurs surprises… Finiront-ils par retrouver le capitaine Grant ?…

J’ai beaucoup aimé l’adaptation en bande dessinée de ce roman de Jules Vernes. Non seulement, cette histoire m’a beaucoup accrochée, mais en plus, Alexis Nesme – scénariste et illustrateur ici – a su respecter l’esthétique du XIXe siècle ; la couverture est très belle et finement travaillée, et imite à la perfection celles des anciens romans, en cuir rouge et gravures dorées (Cf. Jules Verne). Sur la première de couverture, cinq personnages sont représentés, cheminant dans la montagne. En plus d’être une invitation à l’aventure, l’auteur nous annonce d’ores et déjà qu’il a choisi de personnifier ses personnages, et via l’animal choisi et leur positionnement sur cette illustration, nous devinons leur rang social et la place (plus ou moins importante) qu’ils auront dans l’histoire. Ainsi, Lord Glenervan – personnage important de l’histoire – est un tigre, placé au premier plan derrière le fils Grant (un chat = certainement agile et astucieux) en protecteur de ce dernier. Et en contre-bas, se trouve le géographe Jacques Paganel, une grenouille (pour représenter sa nationalité ?), particulièrement gaffeuse, mais qui sait toujours « rebondir » quelque soit la situation. Cette adaptation des humains en animaux n’a pas été un problème pour moi, même si certains regretteront la cohabitation d’animaux personnifiés avec des animaux qui ne le sont pas, sans vraisemblablement de choix logique ou explicable entre ceux qui sont au rang d’humains et ceux qui ne le sont pas. Pour ma part, cela ne m’a pas choqué ; j’ai surtout apprécié l’allusion aux fables de Jean de la Fontaine -notamment dans le rang social de chaque animal. Pour en finir avec mon analyse de l’illustration, je dirai que chaque vignette a fait l’objet d’un véritable travail des détails. Le pari esthétique est largement emporté.

Quant au texte et au choix des passages représentés dans la BD de l’ouvrage original, cela a très bien été réalisé. Pour moi, c’est un BD réfléchie, avec une certaine valeur intellectuelle ; elle ne cherche pas juste à distraire le lecteur – même si c’est un véritable plaisir de lecture – , mais c’est aussi une manière de recréer l’œuvre de Jules Verne et de la rendre plus accessible, comme Jules Verne lui-même rendait plus accessible les sciences à ses jeunes lecteurs contemporains.

L’illustration est le texte sont complémentaires ; parfois l’un prend le dessus sur l’autre, selon les effets recherchés par l’auteur – l’action appartenant plus à l’illustration, et la narration au texte.

J’aimerais finir cette critique en disant que j’ai remarqué une place importante faite aux femme dans cette BD. Lady Héléna, la femme du lord, est celle qui parvient à déchiffrer le message codé du capitaine Grant. Les autres personnages – à 95 % masculin – vont l’écouter et prendre en compte ce qu’elle dit. Je ne sais pas si Jules Verne l’a vraiment fait de cette façon, mais j’ai été agréablement surprise, car à l’époque de l’histoire, les femmes dans la société n’étaient absolument pas importantes ; considérées comme moins « utiles » que les hommes. »

Une super BD pour tous les férus de grandes aventures qui nous amènent au quatre coins du monde !

Les enfants du capitaine Grant - Verne et Nesme

Les enfants du capitaine Grant
Alexis Nesme
Delcourt – Mai 2009
10,95 €

Les enfants du capitaine Grant - Verne et Nesme 2 Les enfants du capitaine Grant - Verne et Nesme 3

Les enfants du capitaine Grant - Nesme

La Belle et le fuseau, Neil Gaiman et Chris Riddell.

L’histoire de deux femmes de légendes devenant maîtresses de leur vie, voilà ce que nous proposent de lire Neil Gaiman et Chris Riddell dans leur ouvrage La Belle et le fuseau. Une réécriture qui dépoussière les contes classiques et balaie les stéréotypes sur les princesses et donc, par extension, sur les femmes où une sorte de Blanche-Neige rencontre une presque Belle au bois dormant.

Une reine, dont les cheveux sont plus noirs que l’ébène, les lèvres aussi rouges que le sang, et la peau, blanche comme neige doit bientôt se marier. L’idée ne la ravit pas ; après avoir dormi d’un sommeil magique pendant un an, voilà qu’elle devrait épouser un homme qu’elle ne connaît quasiment pas… A ses yeux, ce mariage représente la mort de sa propre volonté et de sa vie telle qu’elle aimerait la mener. Mais un événement va venir interrompre sa réflexion. Trois de ses amis nains viennent la prévenir que de l’autre côté des montagnes infranchissables, un mal se répand de plus en plus vite. Un sommeil magique et éternel est en train de toucher tout le monde, et rien n’indique que le maléfice s’arrêtera aux frontières naturelles, épargnant ainsi le royaume de la reine. Une seule solution pour que tout cela prenne fin ; aller réveiller d’un baiser la princesse ensorcelée qui dort depuis quasiment cent ans dans son château, gardée par une armée de ronces. La reine, dans une sorte de fuite en avant, décide de relever le défi. Parviendra-t-elle à sauver son royaume, mais aussi à se sauver elle-même ? A moins que la princesse endormie soit elle-même capable de faire ses propres choix…

Neil Gaiman et Chris Riddell ont cherché à conjurer le sort de toutes ces pauvres Ophélie de contes de fées ; ces bien passives princesses qui, sans leurs princes, ne sont rien ni personne. Une revanche bien sentie qui invite le lecteur à reconsidérer les rôles des princesses (et notamment de Blanche-Neige et de la Belle au bois dormant) dont les contes sont pourtant éponymes. En effet, pourquoi ne sont-elles pas héroïnes et moteurs de leur propre histoire ?… Un album faisant naître une réflexion sur le rôle des femmes dans nos sociétés occidentales, et tout ça, avec le talent que l’on connaît de Gaiman et Riddell… On en redemande !

La belle et le fuseau Neil Gaiman Chris Riddell

La belle et le fuseau
Neil Gaiman et Chris Riddell
Albin Michel – Octobre 2015
19 €

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La belle et le fuseau

Alcibiade – Rémi Farnos

Alcibiade, c’est le prénom d’un jeune garçon qui souhaite connaître son destin. Il décide alors de partir pour un long et périlleux voyage  dans le but de rencontrer Le Vieux Sage au savoir prophétique, de l’autre côté du monde. Pour y parvenir, Alcibiade devra surmonter de nombreux obstacles, que cela soit seul ou aidé par des compagnons de route. Son voyage durera des années et des années. Et ces mêmes années contribueront à créer la légende d’Alcibiade ; celui que rien ne peut arrêter et qui a libéré le monde de certaines craintes…

Cette bande dessinée, signée par Rémi Farnos à la Joie de lire, est un petit objet tout en finesse et en philosophie. Le format et l’utilisation graphique et esthétique de la page en charmeront plus d’un, et son propos pousse le lecteur à s’interroger sur la capacité de chacun à choisir sa propre destinée. La mise en page est maligne et très soignée. Une fable mythologique tout à fait charmante !

Alcibiade - Rémi Farnos

Alcibiade
Rémi Farnos
Ed. La Joie de lire – Août 2015
10 €

alcibiade-Remi Farnos

Alcibiade - Remi Farnos