Passe-Passe – Delphine Cuveele et Dawid

Retour sur une très jolie BD sans texte, pleine d’émotions et de tendresse, sur le deuil et de la mémoire.

Prenez une fillette taquine, une grand-mère guillerette et un drôle de papillon.
Lancez-les dans une aventure échevelée…
Vous obtiendrez un cocktail tendre et rocambolesque qui apprivoise l’absence pour mener aux confins d’une magie où tout ce qui disparaît n’est jamais vraiment perdu.
Un tour de Passe-Passe !

Ainsi, le scénario de Delphine Cuveele démarre avec beaucoup d’entrain dans une relation joyeuse entre une petite fille et sa grand-mère, puis emmène doucement le jeune lecteur vers la disparition de la grand-mère et son souvenir. C’est avec les couleurs de la grand-mère qui s’estompent et l’apparition d’un papillon toujours plus coloré que Dawid illustre l’événement. A découvrir avec des très petits et des plus grands.

Passe Passe - Delphine Cuveele et Dawid

Passe Passe
Delphine Cuveele et Dawid
Ed. La Gouttière – Avril 2014
9,70 €

Passe Passe - Delphine Cuveele et Dawid

Passe Passe - Delphine Cuveele et Dawid

Passe Passe - Delphine Cuveele et Dawid

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La chanson pour Sonny – Ahmed Kalouaz

Un recueil de nouvelles sportives et haletantes !

Ils ont pour nom Alfred Nakache, Gino Bartali, Abebe Bikila, Helmuth Duckadam ou Sonny Liston. Leurs noms ont été acclamés durant les Jeux olympiques, le Tour de France ou sur les rings de boxe. Ce sont des héros des stades.
Certains d’entre eux sont aussi des héros tout court, qui se sont battus pour la liberté ou les droits civiques. C’est ce que nous racontent ces neuf nouvelles, dans lesquelles des adolescents d’aujourd’hui découvrent les deux faces glorieuses de la médaille, la sportive et l’humaine.

Ahmed Kalouaz est de ces auteurs toujours engagés, plume au poing. C’est parti pour un round !

La chanson pour Sonny
Ahmed Kalouaz
Editions du Rouergue, coll. Doado – Avril 2015
8,70 €La chanson pour Sonny - Ahmed Kalouaz

La poupée de Ting Ting – Ghislaine Roman et Régis Lejonc

La parole libératrice d’une enfant qui, en perdant sa poupée, revit la perte de son père.
Un album d’une immense douceur et d’une grande intelligence, qui aborde le deuil du père avec finesse.

Ting Ting est une petite fille. Un matin, en se réveillant, elle constate qu’elle a perdu sa poupée. Elle espère l’avoir oublié à la rizière, mais elle se rend vite à l’évidence ; sa mère l’a certainement confondu avec les autres poupées qu’elle vend au marché chaque jour et la prendre.
L’angoisse hante dès lors la pauvre Ting Ting, qui pense que sa mère ne sait pas l’importance de cette poupée, qu’elle ne sait pas que son père lui en a fait cadeau quelques heures avant de mourir.
La grand-mère réalise le mal qui ronge la petite fille. Elle lui conseille alors d’en parler, de se confier à un arbre, comme elle faisait elle-même dans son enfance. Ting Ting écoute ce conseil et parle longuement à un arbre qui prend le temps de l’écouter. Après avoir dit sa peine et ses doutes, la petite fille se sent déjà mieux, comme soulagée, même si sa poupée lui manque toujours.
Le soir venu, quand la mère de Ting Ting rentre, elle explique qu’il s’est passé une chose extraordinaire pendant le marché ; un héron semant la pagaille, empêchait quiconque de s’approcher de ses poupées. Elle a donc du partir plus tôt que prévu du marché pour cesser d’importuner les autres commerçants. Dans ce même temps, elle demande également pardon à sa fille pour lui avoir pris sa poupée par mégarde, et espère qu’elle n’a pas passé sa journée à se tracasser. Ting Ting réalise alors que sa mère était au courant de tout ; du cadeau de son père, et de la valeur de cette poupée à ses yeux, de sa peine de grandir sans père et de n’avoir qu’une petite poupée pour se souvenir de son amour. Ting Ting ne lui avait jamais parlé de tout ça, mais sa mère savait. La petite fille se sent alors légère, débarrassée de ce silence étouffant qui recouvrait la mort du père, et à nouveau en possession de sa chère petite poupée.

Cet album, dont il faut souligner la sublime mise en images de Régis Lejonc et le texte de Ghislaine Roman, traite de la mort du père avec subtilité et intelligence. Cette petite fille, tout à la fois fragile et courageuse, et cette tristesse pour sa poupée perdue, qui pourrait être dérisoire si elle n’était pas bouleversante, toucheront les petits comme les grands.
Une histoire très émouvante, qui reprend les codes de la sagesse nippone.

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La poupée de Ting Ting
Ghislaine Roman et Régis Lejonc
Seuil jeunesse – Janvier 2015
15 €

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Madame Cerise ou le trésor des pies voleuses – Sandra Poirot-Chérif

Les pies ont volé les clés de Madame Cerise qui ne peut donc plus rentrer chez elle… Que va-t-elle raconter à Monsieur Cerise ?

On suivra Madame Cerise dans ce livre très tendre d’une vieille dame qui perd la tête. Cette histoire est aussi une formidable histoire d’amour, très émouvante.

Madame Cerise ou le trésor des pies voleuses
Sandra Poirot-Chérif
Rue du monde, sept. 2014
17 €

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Un verre – Etienne Delessert

Un album très touchant, émouvant, d’un grand auteur qui a bercé mon enfance…

Il y a des artistes dont l’imaginaire peut s’approprier n’importe quel objet, aussi singulier soit-il. Dans ce livre, Étienne Delessert nous raconte l’histoire d’un verre incassable, devenu le symbole de sa relation avec sa belle-mère. Cet objet ordinaire a inspiré au célèbre illustrateur un récit simple et beau, rempli de souvenirs et d’amour. L’occasion de retrouver l’univers d’un artiste hors du commun, dont l’œuvre continue, livre après livre, de révolutionner l’édition pour la jeunesse. On peut se demander si ce livre est auto-biographique tant les mots sont justes.

A lire et relire à nos enfants.

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Un verre
Etienne Delessert
Editions MeMo – Septembre 2013
14 €

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