Maman loup – Géraldine Elschner et Élodie Nouhen

Inspiré de la sculpture de la Louve du Capitole, Maman loup conte l’histoire de Romulus et Remus. Abandonnés sur les bords du Tibre, ils furent recueillis par une louve qui les a nourris de son lait, protégés des ours, bercés de ses hurlements à la lune. L’histoire s’attache à cette louve et son instinct maternel qui sauveront les deux orphelins alors qu’ils auraient pu être des proies si faciles. Mais elle est retenue : « ces petits avaient peur, ces petits avaient faim », et de tout son corps elle les réchauffera.

Géraldine Elschner dépeint une force vitale qui dépasse toutes les angoisses et l’amour inconditionnel de la « mère », de toutes les mères. En s’attachant essentiellement au moment de l’adoption, puis à celui du départ obligé, l’auteur exprime toute la puissance que représente cette légende. Elle a su jongler avec un épisode légendaire en se focalisant sur sa partie la plus heureuse et en faisant une pirouette pour évoquer la suite tragique de cette histoire.

Les illustrations d’Élodie Nouhen sont d’une beauté toute en finesse. Son trait délicat souligne chaque moment avec grâce. De la rude sculpture de bronze, elle s’envole vers un univers végétal tout en transparence, plein de poésie. Elle joue aussi avec sa palette de couleur : vert aquatique quand la louve trouve le panier d’osier dans le fleuve, dans les rouges quand arrive la menace des ours, bleu profond avec les larmes de tristesse lors de l’enlèvement des jumeaux. Son travail est tout simplement magnifique.

Un très bel album de la collection Ponts des Arts qui, avec une grande liberté, permet à des auteurs d’interpréter des œuvres phares et de transmettre ce patrimoine à nos enfants. N’hésitez pas, vous serez conquis dès la couverture !

Maman Loup Géraldine Elschner et Elodie Nouhen

Maman loup
Géraldine Elschner et Élodie Nouhen
Elan vert, coll. Pont des arts – Août 2016
14,95 €
9782844554116

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L’Enfant et le Masque de fer, Jean-Pierre Kerloc’h

Depuis toujours, Marie-Anne vit entourée de murailles. Recluse dans château, le quotidien de la jeune fille se limite à la lecture, la musique et les leçons de son précepteur ; la jeune fille reçoit en effet une éducation réservée à la noblesse, mais sans pour autant savoir ses origines. En effet, le mutisme et le mystère planent au-dessus de l’identité de son père… A la mort de sa mère, Marie-Anne est envoyée dans un austère couvent d’où elle ne pourra sortir que des années plus tard, à ses quinze ans, grâce au chevalier d’Artagnan et de son épouse qui s’occuperont de parachever son éducation pour qu’elle puisse devenir dame de la Cour du roi Louis XIV. Pourquoi Marie-Anne fait-elle d’une attention si particulière ? Pourquoi a-t-elle été si longtemps caché ? Et ses visions troubles et fugitives qui lui reviennent d’un homme au visage d’argent… Tout cela aurait-il un rapport avec son père ?

Le roman de Jean-Pierre Kerloc’h, à mi-chemin entre le roman historique et la légende, est un petit bijou du genre et un véritable plaisir de lecture ! Entre mystère, révélations, rencontres,… ; nous voilà transportés dans une fantastique aventure, où le contexte historique est particulièrement bien dépeint. L’auteur nous prouve une nouvelle fois qu’il sait manier légendes et mythes d’une main de maître. Bravo !

L'enfant et le masque de fer - Jean-Pierre Kerloc'h

L’enfant et le masque de fer
Jean-Pierre Kerloc’h
Didier jeunesse – Mars 2016
14,20 €
9782278059539

 

Et pour feuilleter un extrait :

http://medias.hachette-livre.fr/media/contenuNumerique/026/320742-001-C.pdf

Le fils de l’ombre et de l’oiseau

Elie et Elias sont à la Puerta, grand sud du Chili, en 1916 et s’apprêtent à tuer un homme pour la première fois. Cet homme est le célèbre Butch Cassidy. Il dort au bout de leur fusil. Elie a une nuit entière pour raconter pourquoi il veut tuer Butch Cassidy…

Tout commence sur l’île de Pâques en 1801, avec la naissance de Poki, l’arrière-grand-mère d’Elie et Elias, qui depuis toujours préfère les oiseaux à ses semblables. Sa première ambition est même de devenir l’homme-oiseau. La seconde est de retrouver la forêt disparue. Ses deux ambitions entraînent les personnages, notamment son fils Pawel, dans un voyage qui s’étend sur quatre générations de l’île de Pâques à Valparaiso en passant par le fleuve Amazone et Buenos Aires.

Avec une plume toujours magnifique, Alex Cousseau embarque à nouveau son lecteur dans une épopée qui traverse un siècle et un continent. On retrouve l’atmosphère et le périple parcouru par Antoine Anacharsis dans le précédent roman de l’auteur. Entre fable et roman d’aventure, Le fils de l’ombre et de l’oiseau offre une riche traversée de l’Amérique du Sud du 19ème avec ses luttes, comme la révolution bolivienne, et ses grandes découvertes, telle que l’aviation… Chaque décor est planté, les paysages s’offrent de manière explicite au lecteur. Les personnages ont des personnalités très fortes et forcément ambigües. On plonge dans une grande fresque familiale avec de très courts chapitres (que l’on enchaîne du coup sans s’arrêter…). L’écriture dense et documentée d’Alex Cousseau nous fait ici toucher de près au rêve.

Un grand bonheur de lecture qui aurait pu sortir dans une collection adulte du Rouergue.

Merci à Alex Cousseau pour ce moment intense de lecture et au Rouergue de nous le faire partager !

Le fils de l'ombre et de l'oiseau - Alex Cousseau

Le fils de l’ombre et de l’oiseau
Alex Cousseau
Le Rouergue, coll. Doado – Janvier 2016
14,90 €

Alex Cousseau commence à nous habituer à ses cartes…

Le fils de l'ombre et de l'oiseau - 1ère carte

Le fils de l'ombre et de l'oiseau

Les Sous-vivants – Johan Héliot

Notre civilisation et le monde que nous avions créés – les codes, les cultures, les dieux,… – sont tombés en cendres. L’Homme moderne n’est plus, et il a emporté dans sa chute les espèces animales (ne restent plus que des sortes d’amphibiens mutants et autres insectes étranges, et quelques oiseaux noirs). Personne ne peut dire ce qui a causé sa perte. Les ruines de notre monde n’apprennent rien aux nouveaux hommes, qui ne sont d’ailleurs plus qu’une poignée d’être humains stériles, vivant en tribus, et dont l’espérance de vie est largement réduite à cause du soleil qui brûle leurs peaux et des maladies qui y sont liées. Et c’est sans compter sur les ferhoms ; d’étranges monstres de fer qui rôdent le soir pour enlever les membres des tribus qui n’auraient pas pris soin de se réfugier dans leur antrenuit au coucher du soleil. Nul ne sait où les ferhoms emmènent les hommes et femmes kidnappés ; les membres des tribus savent juste qu’ils disparaissent dans les entrailles de la Terre pour ne plus jamais en revenir… Et les enfants apparaissent tout aussi mystérieusement ! Les origines et le renouvellement des tribus sont obscurs et couronnés de mythologies toutes plus effrayantes et sibyllines les unes que les autres.

Voilà dans quel monde nous découvrons Soria, fille de la tribu d’Ilsite dont les membres souffrent affreusement de la faim. Amin, le chef de cette tribu et père de Soria, décide de sortir de leur territoire pour aller faire du troc avec une autre tribu. L’entreprise est périlleuse, mais ils n’ont plus le choix. Cependant, comme le craignait Soria, son père est capturé par un ferhom. N’écoutant que son courage, Soria va partir à sa recherche, accompagnée de son ami Selim, et découvrir les Purs, ceux qui se cachent derrière ces monstres d’acier, ainsi que l’étrange secret de leurs origines…

Ce roman de science-fiction, dernière création de Johan Héliot, s’annonce comme une future référence du genre en littérature adolescente : un univers post-apocalyptique saisissant de vraisemblance et de détails, des personnages énigmatiques dont les codes sociaux nous sont tout à fait étrangers et nous mettent parfois mal à l’aise, ou encore une interprétation des origines de cette néo-humanité à la fois dérangeante mais rassurante… Autant d’éléments qui font qu’une fois la première page passée, vous ne pouvez plus vous arrêtez de lire ! Notons les hommages plus ou moins directs rendus par J. Héliot à l’œuvre de H.G. Wells, La Machine à explorer le temps, via la structure des sociétés (sur terre/sous terre), les « habitudes culinaires » des Purs et leur apparence (pourtant peu décrite) rappelant étrangement celle des Morlocks… Frissons de dégoût garantis !

Les sous vivant - Johan Héliot

Les Sous-Vivants
Johan Héliot
Seuil – Janvier 2016
14 €

Les sous vivants

La Mare aux crocos – Cécile Benoist et Hélène George

Savez-vous comment sont considérées l’araignée par les Wuli du Cameroun ou les vaches pour les Massaï du Kenya et de la Tanzanie ? Et connaissez-vous les légendes et mystères planant autour des lamantins au Togo et des lémuriens à Madagascar ?… Et si, bercés par l’enchantement des légendes africaines, vous pouviez découvrir en l’Animal ; un dieu, un cousin, un égal ?

La Mare aux crocos, de Cécile Benoist et Hélène Georges, est un documentaire animalier et social terriblement original, qui vous invite à découvrir des dizaines d’histoires et de légendes africaines autour d’animaux bien réels. Les légendes sont suivies d’explications quant à savoir ce que concrètement cela signifie dans la vie quotidienne des peuples et sociétés partageant leur territoire avec ces animaux.

Cette approche anthropozoologique (qui nous permet de comprendre les relations unissant les animaux aux sociétés humaines) laisse la possibilité aux lecteurs d’entrevoir le lien essentiel qui unit tous les êtres vivants, entre eux et à la Terre. Un documentaire comme il y en a peu qui nous emmène au cœur de l’Afrique et qui mérite que l’on s’y attarde ! Bravo et merci aux deux auteurs !

La mare aux crocos - Cécile Benoist et Hélène Georges - Actes Sud Junior

La Mare aux crocos. L’Homme et les animaux, histoires africaines
Cécile Benoist et Hélène Georges
Actes Sud junior – février 2016
17 €

La mare aux crocos 1 La mare aux crocos 2 La mare aux crocos 3

La mare aux crocos

Haïda, l’immortelle baleine – Yann Dégruel et Séverine Gauthier

Ce matin-là, le village se réveille et chaque habitant constate que la marée a fait monter l’eau particulièrement haut. Personne ne sait ni ne comprend ce qui se passe, tout le monde parle beaucoup mais nul ne semble vraiment s’en inquiéter. C’est comme si Kùn, l’immortelle baleine, s’était enfoncée un peu plus profond dans l’océan, inondant les villages qui se trouvent sur son dos.

Une belle légende pour apprentis lecteurs de BD.

Haïda - l'immortelle baleine - Séverine Gauthier et Yann Dégruel

Haïda, l’immortelle baleine
Séverine Gauthier et Yann Dégruel
Delcourt jeunesse – Mars 2015
10,95 €

Haïda, l'immortelle baleine - Séverine Gauthier et Yann Dégruel

DIDGERIDOO – FRÉDÉRIC MARAIS

Frédéric Marais, avec la jeune maison d’édition Les Fourmis rouges, nous propose un voyage extraordinaire dans la culture aborigène. Son album, Didgeridoo, nous raconte comment un homme, à l’aide d’un bâton, a éloigné le ciel de la terre, permettant ainsi à tous les autres de se redresser, et au monde de devenir monde.
Frédéric Marais nous présente un mythe fondateur de la culture aborigène avec un texte simple mais percutant et une illustration mystérieuse et envoûtante, jouant sur le contraste saisissant entre le bleu de la nuit, et l’ocre de la terre.
Un travail abouti et un véritable engagement éditorial… À découvrir d’urgence !

Les fourmis rouges
Frédéric Marais
Les Fourmis Rouges – Septembre 2014
16,50 €

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