Le Clan des Otori – Lian Hearn

Au XIVe siècle, dans un Japon médiéval et fantastique, nous découvrons le destin hors du commun du jeune Takeo. Ce garçon espiègle et agile, grandit avec sa mère, son beau-père et ses sœurs, selon les traditions des Invisibles ; une communauté minoritaire persécutée pour leur croyance en un dieu unique qui ne connaitrait aucune hiérarchie entre ses fils. Pour un Invisible, non seulement le rang social n’influence en rien la valeur d’un Homme, mais en plus, le fait de donner la mort – à un Homme comme à un animal – vous promet à une condamnation divine. Ces fondements religieux ne sont, bien évidemment, pas au goût des samouraïs, dont l’honneur tient à leur pedigree et leur inflexibilité au combat. Un homme plus que les autres encore souhaite voir disparaître les Invisibles : c’est Iida, le chef du clan des Tohan. Réputé pour sa fourberie, son orgueil et sa violence, il fera basculer le destin de Takeo en massacrant toute sa famille et son village. Le jeune garçon sera sauvé de façon providentielle par Sire Shigeru, du clan des Otori, dont la haine contre Iida ne saurait être apaisée que par la vengeance… Dès lors, après avoir juré allégeance et promis sa vie à Shigeru, Takeo se retrouve plongé au cœur de luttes sanglantes et intestines des seigneurs de la guerre. Il devra faire des choix irrémédiables, qui l’entraineront chaque fois plus loin dans la découverte de ses origines, de ses compétences et de son libre arbitre. Jusqu’à quel point Takeo sera-il maître de sa destinée ?… C’est également la question que se pose Kaede ; jeune fille de noble famille, faite otage par l’un des clans allié d’Iida, et dont le fait d’être une femme à la beauté envoutante pourrait être son plus grand malheur… Les vies de Kaede et Takeo vont se croiser et s’unir. L’amour pourra-t-il s’imposer dans ce monde de violences et de vengeances ?…

Une saga extraordinaire, à découvrir ou redécouvrir urgemment en version intégrale !!!!! Un plaisir qui vous prend aux premières lignes et ne vous lâche pas, même après le point final.

A noter : l’auteure a publié cette année un préquel au Clan des Otori, Shikanoko, à découvrir, pour celles et ceux qui ont lu la précédente sage, mais en redemande !

Le Clan des Otori
Lian Hearn
Gallimard – Novembre 2014
26 €
9782070662494

Critique du club des lecteurs : La Joueuse de Go – Shan Sa.

La Joueuse de Go est un roman initiatique et historique, de littérature asiatique, écrit par Shan Sa dans les années 2000. L’histoire se déroule en Manchourie, dans la Chine des années 1930. On suit l’évolution de deux personnages ; une jeune fille et un jeune soldat. D’un chapitre à l’autre, nous suivons la vie de l’un, puis de l’autre.
Alors que la guerre entre la Chine et le Japon fait rage, deux jeunes adultes, une chinoise et un japonais, l’une passionnée par le go, l’autre par la guerre ; elle, poétique, lui, officier à l’armée. Eux, qui sont les contraires, les opposés ; ensemble, ils jouent au go et apprennent à s’aimer.
J’ai adoré ce livre, car il est magnifiquement écrit ! Et qui plus est, il est rédigé à la première personne, ce qui favorise une meilleure identification aux personnages.
La double narration – un chapitre nous parlant de la fille, et le suivant, du garçon – est réellement intéressante. Elle nous permet de comprendre les personnages, leur enfance, leurs pensées, mais aussi d’entrevoir les travers de la guerre (notamment lorsque l’on sait ce que vivent les rebelles…).
Sans vous en dire plus, je dois avouer que la fin du roman m’a surpris, ému, bouleversé.
[Cette critique a été rédigée par Emma, Paloma et Paolo. Merci à eux pour leur super travail !]
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La Joueuse de Go
Shan Sa
Gallimard – Janvier 2003 (pour cette édition)
7,70 €
9782070424191

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Azadah, Jacques Goldstyn.

Un album pudique à la justesse bouleversante…

Que dire d’autre de ce dernier bijou de Jacques Goldstyn, publié aux éditions de La Pastèque, si ce n’est que l’auteur nous offre une nouvelle fois une œuvre rare et sensible. Il nous raconte l’histoire d’une petite fille afghane, de son amitié avec une reporter photographe occidentale en fin de mission ; une femme qui a eu le choix de vivre sa vie comme elle le souhaitait et qui a donné l’envie d’Être et de devenir maîtresse de sa destinée à cette petite fille.

Azadah, c’est l’histoire d’un déchirement, d’une séparation, mais aussi d’une naissance ; celle de l’espoir et de l’Agir. Il faut parfois bien peu de mots et bien peu de traits pour dire beaucoup et bousculer davantage… L’album se termine part un symbole très fort que l’on ne dévoilera pas ici !

Merci à Jacques Goldstyn et à La Pastèque de nous avoir bousculé.

Azadah - Jacques Goldstyn - La Pasteque

Azadah
Jacques Goldstyn
La Pastèque – Juin 2016
15 €
9782923841960

Azadah goldstyn

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Rose afghane – Frank Andriat

Tire-Lire avait envie de vous faire découvrir – ou redécouvrir – ce recueil de nouvelles de Frank Andriat, publié aux éditions Mijade (et dont les droits d’auteur sont versés à l’association Afghanistan libre, de Chékéba Hachemi), parce que les trésors qui vous chauffent l’âme et le cœur doivent être partagés…

L’auteur nous propose ici six nouvelles ; six voix de jeunes femmes, qui nous racontent leur vécu, leur exil, leur quotidien, et ça toujours avec pudeur et finesse. L’auteur, que nous tenons à saluer pour son intelligence et sa bienveillance, ne rentre jamais dans le convenu, le pathos ou le jugement. Il rend justice à des femmes meurtries qui ont, malgré cela, la sagesse de toujours vouloir croire, aimer, danser. Des artisanes de la Vie en lutte pacifique contre les escadrilles de la mort, que ces dernières soient soviétiques, extrémistes, américaines, européennes.

Un recueil en forme de cri d’amour pour un pays qui fut si grand, si noble, et que les hommes ont ravagé ; un message d’espoir et une prière secrète pour que cesse la barbarie et que planent, à nouveau, les cerf-volants dans le ciel bleu de l’Afghanistan.

« Croire au bonheur, c’est vivre et ça conjure la mort. » (p.38)

rose afghane franck andriat

Rose afghane
Frank Andriat
Mijade – Octobre 2012
7 €

 

Le sel de nos larmes – Ruta Sepetys

Janvier 1945, sur la route de la Prusse orientale prise, quatre destinées. Des millions de réfugiés Polonais, Lituaniens, Tchécoslovaques sont pris en étau et tentent de rallier à pied les côtes de la mer Baltique pour fuir sur le premier bateau en partance. L’Allemagne nazie considère tous ces ressortissants comme des sous-hommes. De l’autre côté, l’armée rouge pille leurs terres, viole et tue avec une atrocité qui dépasse le sens commun.

Le destin a réuni Emilia, Florian, Joanna et Alfred. Emilia est e de quinze qui a fui le massacre de son village en emportant un lourd secret. Florian, restaurateur d’œuvres d’art allemand fuyant les nazis, est un déserteur au milieu des réfugiés d’Europe de l’Est. Joanna, infirmière lituanienne, a laissé derrière elle sa famille avec une autorisation d’être rapatriée en Allemagne. Alfred est un matelot nazi du Wilhelm Gustloff, paquebot allemand faisant partie de l’opération Hannibal qui doit évacuer des réfugiés. Quatre personnalités qui traversent des étendues glaciales pour sauver leur peau face à l’horreur.

Ruta Sepetys retrace un bout d’Histoire méconnue à travers le prisme de ces différents regards et cultures. Avec des chapitres très courts, elle brosse des portraits à vif, bouleversants de vérité. Après une longue et lente marche dans des paysages de glace, les faits s’accélèrent au rythme de l’Histoire. Un vibrant hommage à des milliers de victimes oubliées.

Un très beau roman que l’on ne peut pas lâcher.

Le sel de nos larmes - Ruta Sepetys

Le sel de nos larmes
Ruta Sepetys
Gallimard jeunesse – Juin 2016
16,50 €
9782070580712

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L’Iliade, d’après Homère – racontée par Gillian Cross et illustrée par Neil Packer

Cette réécriture de L’Iliade, proposée par Gillian Cross, est une excellente synthèse du récit homérique. Entre jalousie, vengeance, amour, orgueil et honneur, l’auteur parvient tout à fait à transmettre et expliquer aux jeunes lecteurs ce chef-d’œuvre de la littérature antique. Son travail est soutenu par celui de Neil Packer, l’illustrateur, qui, avec beaucoup de talent et de modernisme, parvient à réinventer l’esthétique gréco-romaine du VIIe-Ve siècle avant J.-C.

Pour une première approche complète et néanmoins simplifiée de l’un des textes fondateurs de la littérature occidentale. Il y a une très belle page qui pose en miroir le côté Grec et le côté Troyen. Un excellent travail qui mérite le coup d’œil !

Iliade d'après Homère - Gillian Cross et Neil Packer - Gründ

L’iliade
Racontée par Gillian Cross et illustrée par Neil Packer
Gründ – Octobre 2015
19,95 €

Iliade - Gillian Cross et Neil Packer - Gründ

Iliade Gründ

Critique du club des lecteurs : Guerre, et si ça nous arrivait ? de Janne Teller

Cette critique est un travail à quatre mains, entre le travail de Paolo et d’Emma.

Paolo :

« Guerre est un roman d’actualité écrit par Janne Teller. Elle essaie de nous sensibiliser au sujet de l’immigration et du sentiment d’exclusion. L’auteur nous parle à la deuxième personne du singulier pour mieux nous mettre dans la peau de son personnage. En ce moment, l’immigration est abondante et nous ne pouvons pas accueillir tout le monde. Et même ceux qui ont « de la chance » vivent dans des situations désastreuses (les camps de la honte). Ce livre nous démontre que notre vie pourrait être bien différente à cause de la guerre.

Nous avons 10 ans, vivons en France… et c’est la guerre. La vie est difficile, et on peut mourir à tout instant. Avec notre famille, nous décidons de partir en Égypte en tant qu’immigré. Après avoir obtenu le permis de séjour permanent, nous y restons. La guerre a gâché notre vie, « [nous] pens[ons] sans cesse au jour où [nous] pourr[ons] rentrer chez [nous]. » (p.50) Mais où chez nous ? Avons-nous toujours un pays ? »

L’avis d’Emma: « Je trouve que ce roman, rapide et simple à lire, est un texte important. Les conséquences de la guerre nous sont révélées, telles que la peur, l’immigration forcée, la perte de proches, l’angoisse, etc. Une guerre, quel qu’elle soit, peut changer une personne, changer les Hommes. Ce constat me vient du roman Si tu m’avais raconté, écrit par Marie Sauzon (publié en février 2015). La guerre détruit et plonge dans le mutisme. Comment se relever et vivre après avoir connu la mort et le désespoir ? »

Une citation pour inciter à la réflexion :  « Hélas, on voit que de tout temps / les petits ont pâti des sottises des grands. » Les Deux Taureaux et une grenouille, Jean de la Fontaine.

Guerre Janne Teller - ancienne couvertureGuerre Janne Teller - nouvelle couverture

Guerre, et si ça nous arrivait
Janne Teller
Ed. Grandes personnes – Mars 2012
5,50 €

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Nora – Léa Mazé

Un bouquet de tendresse et d’émotions. Nora est une petite fille boudeuse, attachante et pleine d’un idéal  juvénile.
Ses parents en plein déménagement, Nora se voit passer quelques jours dans la ferme de son oncle célibataire. Elle n’est pas du tout enthousiaste à cette perspective, mais finit pas s’attacher à la chatte et ses nouveaux petits et trouver un chêne fabuleux qui devient son refuge. De là, elle observe une petite vieille dame, Madame Jeanne, et se trouve bouleversée par la solitude de cette dernière. Nora s’interroge donc sur l’origine de cette solitude et se met en tête de retrouver l’amour perdu de Madame Jeanne. De cette quête découlent de grandes questions : « C’est quoi une vieille fille ? », « Avant de naître, on est où ? », « Tonton, pourquoi la guerre ça existe ? »…

Nora est une perle, une quête initiatique avec des mots d’enfants très justes. L’univers graphique de Léa Mazé offre une dimension onirique avec ses tons sépia. Il y a un doux arbitrage entre émotions et humour tendre à travers l’imaginaire de cette petite fille attachante. A quand le prochain Léa Mazé qui nous bouleversera ?

Nora
Léa Mazé
Ed. De la gouttière – Avril 2015
16 €

Nora - Léa Mazé

Nora - Léa Mazé

Nora - Léa Mazé

Bibliographie Guerre – Terrorisme – Conflits

Lorsqu’un événement dramatique se produit comme le drame de ce début d’année 2015, il nous faut proposer des ouvrages pour discuter de sujets compliqués avec nos enfants. Un élan de solidarité magnifique et spontané s’est lancé après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher. Mais comment parler des événements avec les enfants ? Tire-Lire propose des bibliographies subjectives et non-exhaustives pour donner des éléments de réponses, des pistes de réflexion entre enfants et adultes : une intitulée Bibliographie Guerre-Terrorisme-Conflits et l’autre Bibliographie Liberté – Paix – Tolérance.

Les oiseaux blancs de Manhattan
Xavier Armange
Ed. d’Orbestier, coll. Rêves bleus – Sept. 2013
15 € – à partir de 7 ans

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Une approche sensible et graphique de la catastrophe du 11 septembre 2001.

« Un matin d’un bel automne, comme chaque jour, elle est partie dans un taxi jaune… ».
En prenant ce taxi dans cette ville immense, elle ne se doutait pas de ce qui se passerait. Aucun d’eux, aucun de nous ne pouvait l’imaginer. En quelques secondes, le temps de tourner une page, ils se sont envolés. Le temps est passé, la vie a continué dans l’espoir, peut-être, de revoir le jour se lever.
Cet album aborde avec beaucoup de finesse un sujet sensible de notre histoire récente. Le graphisme et la douceur des couleurs rendent toute l’émotion de ce texte sensible qui remémorera aux petits comme aux grands ce jour si particulier.

 

De l’autre côté
Laurence Fugier et Isabelle Carrier
Alice jeunesse – Octobre 2013
12,90 € – à partir de 5 ans

Entre deux pays, on a dressé un mur.
Au pied du mur, une petite fille attend ses amis, mais ils ne viennent pas. De dépit, elle envoie son ballon dans les airs, qui franchit accidentellement le mur.
Au pied du mur, de l’autre côté, un petit garçon est assis quand un ballon tombe à côté de lui. Comme il n’y a jamais personne ici, le ballon doit donc venir de l’autre côté. Le petit garçon le renvoie.
La petite fille retrouve son ballon. Elle voudrait dire merci, mais elle ne connaît pas la langue qu’on parle de l’autre côté. Alors, elle décide de renvoyer le ballon.
Le petit garçon reçoit à nouveau le ballon. Il voudrait dire merci, mais il ne connaît pas la langue qu’on parle de l’autre côté.
Alors, il a une idée. Il dessine son visage sur le ballon et le renvoie de l’autre côté.
Ainsi va s’instaurer un dialogue entre deux enfants qu’un mur et un conflit séparent.
Un jour, le conflit prend fin et le mur est détruit. Une foule de gens s’est réunie de part et d’autre pour assister à l’événement.
Et au milieu de la foule, d’un côté, il y a un petit garçon, et de l’autre, une petite fille…

Un conflit. Un mur. Les autres. Un mur. Ça nous rappelle des choses… Ça ne finit jamais de nous rappeler des choses, d’ailleurs. Un mur qui, aussitôt démoli quelque part, est reconstruit ailleurs, par la folie des hommes. Berlin, Jérusalem, el Paso… Le mur de l’incompréhension…
Laurence Fugier prend le parti de l’innocence, dans cet album, à travers deux enfants qui, certes, ne vont pas venir tout seuls à bout du conflit, mais vont, tout du moins, rétablir le dialogue rompu depuis longtemps. Ils seront aussi les premiers à franchir les ruines du mur abattu. Tout un symbole !
Les traits fins et ronds des dessins d’Isabelle Carrier traduisent à la perfection la candeur enfantine qui transcende le champ de bataille, les exclusions, quels qu’ils soient.

 

Une si petite noisetteUne si petite noisette
Sylvain Alzial et Sébastien Touache
Ed. Les fourmis rouges – Mars 2015
16,50 € – à partir de 4 ans

Par une belle journée d’été, un homme traverse un village portant sur son dos un grand sac. Une noisette tombe du sac et immédiatement, une fourmi se précipite sur le cadeau inespéré. Mais un lézard arrive en gonflant ses muscles, et s’empare de la noisette. Mais un chien arrive en gonflant ses muscles, et vole la noisette. Puis, un ours. Puis, le maître du chien. Puis, la dresseuse d’ours. Chacun veut récupérer la noisette… Tous les villageois se rassemblent, et la bagarre éclate. La bagarre devient une bataille, et la bataille une guerre mondiale… Sylvain Alzial reprend les codes du conte-randonnée dans un album diablement drôle. Portée par les images joyeuses et vives de Sébastien Touache, l’histoire de la petite noisette offre un vrai moment de rire et de lecture.

 

Akim court
Claude K Dubois
Pastel – Mars 2012
11,50 € – à partir de 5 ans

Akim joue tranquillement avec d’autres enfants et leurs petits bateaux au bord de la rivière Kuma. En fin d’après-midi, un bruit sourd et des tirs se font entendre. Dans le village d’Akim, les gens se mettent à courir dans tous les sens. Akim court comme les autres. Il veut rentrer à la maison. Mais sa maison est détruite, il n’y a plus personne. Akim crie ! Il veut retrouver sa famille. Un livre soutenu par Amnesty Internationnal : L’histoire d’Akim est singulière et intime. Mais elle est aussi celle de milliers d’autres enfants, hommes et femmes que la violence contraint à la fuite. Tous ont droit et besoin de la protection garantie par le droit d’asile et Amnesty International se bat pour que ce droit soit effectivement respecté partout dans le monde.

 

Le bonhomme de neige géant
Seyyed Ali Shodjaie et Elahe TaherianLe bonhomme de neige géant
Rue du Monde – Septembre 2014
16 € – à partir de 6 ans

L’énorme bonhomme de neige bâti par les enfants se met à parler et à tyranniser tout le village ! C’est un vrai cauchemar qui s’installe, mais, curieusement, les habitants n’ont pas envie de sortir de l’hiver. Une allégorie de l’aveuglement, des choix qui enferment et, au-delà, du refus qui rend libre.

 

Flon-flon et musette
ElzbietaFlon-flon et Musette
Ed. Pastel – 1993
10,70 € – à partir de 6 ans

Toute la journée, Flon-Flon joue avec Musette, tantôt d’un côté du ruisseau, tantôt de l’autre. Plus tard, ils se marieront. Mais un soir, le papa de Flon-Flon dit: « Mauvaise nouvelle! La guerre va bientôt arriver. » Et le lendemain, à la place du ruisseau, il y a une haie d’épines.

 

L’envers des couleurs
Didier Mounié et Rémi Saillard
Le Vengeur Masqué – Sept. 2011
14,20 € – à partir de 8 ans

Jules est daltonien : il confond le rouge et le vert. On rit souvent à ses dépens. On dit même que si le monde va de travers, c’est parce qu’il y a des individus comme lui, qui voient les couleurs à l’envers. Mais un jour, un homme providentiel promet aux habitants du pays de Jules un avenir meilleur : « Avec moi, tout va s’arranger ! » Quant aux daltoniens, source de tous les maux, il leur réserve un autre sort : une terre sur mesure, la Daltonie. Les daltoniens écartés, l’homme ne tarde pas à révéler ses vraies ambitions : imposer sa couleur, le kaki, au reste du monde, pour l’avoir à sa botte et en devenir le maître. Des gens prennent peur : à cause de leur différence, ils risquent d’être les prochains visés par cet homme démentiel. La résistance s’organise et bientôt, c’est la guerre. Après de rudes batailles, les couleurs finissent par avoir raison du kaki. Libéré, Jules aide à repeindre la Terre, à lui redonner ses couleurs. Pourtant, on se moque toujours de lui… à croire que la leçon n’a pas servi !

Trop fort, Victor !

Trop fort, Victor !

Mikaël Ollivier
Ed. Thierry Magnier, coll. Petite poche – Mai 2015
3,90 € – à partir de 8 ans

Tout le monde ne parle que de ça, chacun a son avis, son analyse, tout le monde sauf Victor : prise d’otages dans un collège par des hommes armés. À la maison pas de télé, sa maman est contre, contre les téléphones portables pour les enfants aussi. Il se sent bien seul, Victor, dans ces moments-là, et il attend avec impatience le retour de son père qui aura sans doute bien des choses à lui raconter à propos de ce fait divers…

 

Je m’appelle pas Ben Laden ! Ce 11 Septembre 2001 qui bouleversa tout le monde
Bernard Chambaz et BarrouxJe m'appelle pas Ben Laden! Ce 11 septembre 2001 qui bouleversa tout le monde
Rue du Monde, coll. Histoire d’histoire – Août 2011
13,80 € – à partir de 8 ans

New York, le 11 septembre 2001. John et Nassir, deux enfants américains, vivent en direct l’effondrement des Tours jumelles. Le monde entier est bouleversé. Mais ce jour-là, pour John, de religion baptiste, et Nassir, de religion musulmane, c’est aussi leur amitié qui explose… L’amalgame entre islam et islamisme ne tarde pas, dans la famille de John qui fuit désormais les « Arabes », mais dans les rues du pays aussi. Le jeune Nassir ne comprend pas. Il proteste : « Je m’appelle pas Ben Laden » !

 

Terrorisme : violence et propagande
François-Bernard Huyghe
Gallimard Jeunesse – Août 2011
13,20 € – à partir de 12 ans

La mort d’Oussama Ben Laden, la commémoration du 11 septembre 2001, les débats autour d’une décennie de « guerre au terrorisme »… autant d’événements qui suscitent l’envie de comprendre un phénomène qui concerne aujourd’hui tous les États. Depuis la fin des années 1870, des groupes armés clandestins commettent des attentats à but politique, souvent pour venger et éveiller – disent-ils – les opprimés. Tuer pour l’idée, répandre l’idée… Les milliers d’attentats commis chaque année sous toutes les latitudes montrent la permanence d’une violence politique et symbolique née dans la Russie tsariste. Depuis, des centaines de groupes ont pratiqué la lutte armée clandestine au nom de leur idéologie : nihilisme ou anarchisme, indépendantisme ou anticolonialisme, réaction ou révolution mondiale, peurs apocalyptiques ou jihad planétaire. IRA, ETA, «bande à Baader», Action directe, Brigades rouges, groupes palestiniens, Tigres tamouls, FARC ou Al-Qaïda marquent leur époque. François-Bernard Huyghe analyse les terrorismes à travers la diversité des discours et symboles qui les inspirent et pose la question de leur efficacité stratégique : le terrorisme fait-il avancer les causes dont il se réclame ? Y a-t-il une fin au terrorisme comme forme de lutte du faible ?

 

Guerre, et si ça nous arrivait
Janne Teller et Jean-François Martin
Les Grandes Personnes – Février 2012
7,90 € – à partir de 13 ans

Imagine: c’est la guerre – non pas en Irak ou en Afganistan, quelque part très loin, mais ici, en Europe, en France, Chez nous. L’Union Européenne et ses démocraties se sont effondrées et des régimes nationalistes et impérialistes ont vu le jour …

 

Be safe
Xavier-Laurent Petit
Ecole des loisirs – Septembre 2007
10,50 € – à partir de 13 ans

Il y a quelques semaines encore, je grattais la guitare avec Jeremy dans le garage, en rêvant de gloire et de rock’n’roll pendant que P’pa, couché dans le cambouis, trafiquait ses moteurs.
Il a fallu que nous croisions les sergents recruteurs, sur le parking du supermarché, un jour où nous avions soif de Coca.
Ils lui ont promis qu’il aurait un bon job, qu’il construirait des ponts.
Alors il a signé. «Le soldat spécialiste de première classe Jeremy O’Neil est définitivement affecté à la compagnie Sygma du 3e bataillon du 504e régiment de parachutistes de la 82e division aéroportée » dit le papier.
En clair, ça veut dire que Jeremy part là-bas. Là où la guerre fait rage. Il y va pour tuer ou pour se faire tuer. On ne va pas le revoir avant des mois. Il a promis de m’écrire.
Et tous ses mails, il les termine par cette formule : Be safe.

 

Ne tombe jamais
Patricia McCormickNe tombe jamais
Gallimard jeunesse, coll. Scripto – Octobre 2014
10,90 € – à partir de 15 ans

Cambodge, avril 1975. Quand les soldats arrivent à Battambang, sa ville natale, Arn n’est qu’un gamin de 11 ans qui danse au son d’Elvis Presley et vend des glaces avec son frère. Arrivés au pouvoir, les Khmers rouges envoient tous les habitants du village en longues marches forcées vers des camps de travail. Séparé de sa famille, Arn travaille dans les rizières sous une chaleur accablante et rongé par la faim. Autour de lui, des enfants meurent d’épuisement, des ouvriers sont assassinés sauvagement… Mais Arn n’est qu’au début d’un cauchemar qu’il ne peut soupçonner. Très tôt, il se fait cette promesse à lui-même : « Ne tombe jamais. » Cette histoire aussi incroyable qu’effroyable est pourtant bien réelle.

 

Je t’enverrai des fleurs de Damas
Franck AndriatDamasC1
Mijade – Septembre 2014
7 € – à partir de 14 ans

S’expatrier et aller se battre pour une cause que l’on croit juste‚ donner sa vie pour la démocratie et la liberté‚ c’est bien. Sauf si l’on a quinze ans et qu’on s’est fait « tourner la tête » par des extrémistes qui‚ au nom de Dieu‚ envoient des jeunes à la mort.
La guerre civile en Syrie a causé des dizaines de milliers de victimes et la communauté internationale n’en fait pas une priorité absolue. Pendant ce temps–là‚ des innocents meurent et‚ parmi ceux–ci‚ des adolescents venus de France et d’ailleurs.
Ce roman à plusieurs voix raconte l’émoi soulevé par le départ de deux élèves sans histoire : la Syrie devient leur enfer‚ mais‚ pour ceux qui restent‚ c’est l’enfer aussi.

 

 

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L’histoire de France en BD. 14-18 La grande guerre

Bruno Heitz et Dominique Joly poursuivent leurs coups de projecteur sur de grandes pages de l’Histoire de France. Après Vercingétorix et les Gaulois, Saint Louis et le Moyen Âge, puis Louis XIV et Versailles, voici un zoom sur la Première Guerre Mondiale.

De l’attentat de Sarajevo (28 juin 1914) au traité de Versailles (28 juin 1919), l’Europe subit cinq années parmi les pires de son histoire. Sur terre, sur mer et dans les aires, la Première Guerre mondiale fait rage et grise le destin de millions d’êtres humains, civils et militaires.

L’histoire de France en BD. 14-18… La grande guerre
Dominique Joly et Bruno Heitz
Casterman – Février 2014
12,50 €

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