Si j’étais ministre de la culture – Carole Fréchette et Thierry Dedieu.

Notre monde vit une période terrible ; empreinte de tensions sociales, de violences, de guerres. Les disparités et l’individualisme semblent chaque jour plus grands. La méfiance et la délation nous sont présentées comme des qualités civiques…

A la veille des élections présidentielles en France, nous ne pouvons que nous interroger : comment en sommes-nous arrivés là ? Quand avons-nous cessé de nous battre ? Voulons-nous réellement éduquer nos enfants – l’avenir de notre société – selon ces valeurs obscurantistes ?… Martin Luther King dit : « L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité : seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine :  seul l’amour le peut ». Et s’il est un seul conseil à suivre, c’est bien celui-ci ; nous devons donner aux enfants la lumière du savoir et la douce conscience de leur appartenance à l’espèce humaine. Et quoi de mieux, pour ce faire, que de développer leur curiosité, leurs sensibilités intellectuels et artistiques, leur culture ? Bien sûr, certains diront que l’urgence n’est pas là. Mais à tous, je lance une invitation bienveillante : prenez le temps de lire l’album édité par HongFei Si j’étais ministre de la culture, écrit par Carole Fréchette et illustré par Thierry Dedieu. Prenez le temps de comprendre la place des arts et de la culture dans nos vies ; prenez le temps de réaliser la chance que nous avons et les enjeux et devoirs qui en découlent. La vie culturelle d’un peuple n’est pas accessoire. Elle caractérise sa solidité, sa réflexivité, sa créativité et donc, sa mémoire culturelle et historique, sa capacité d’adaptation et sa compréhension des enjeux nationaux et internationaux. Soutenir la culture, c’est donner les moyens à un peuple de se comprendre, de s’unir et d’imaginer un avenir commun.

« Pendant la seconde guerre mondiale, un de ses conseillers suppliait Sir Winston Churchill de couper dans le budget des arts pour renforcer l’effort de guerre. Churchill lui répondit : « Mais alors, pourquoi nous battons-nous ? » »

Carole Fréchette a écrit ce texte manifeste en 2014, au moment des élections québecoises. C’est en 2017, quelques mois avant les présidentielles, qu’il est sorti en France…

Si j’étais ministre de la culture
Carole Fréchette et Thierry Dedieu
Hongfei – Mars 2017
9782355581243
14,50 €

 

Publicités

Tour du monde en terres indigènes – Cécile Benoist et Julien Billaudeau.

Cécile Benoist nous fait le (grand !) plaisir de revenir avec un documentaire anthropologique, une pépite du genre (encore !), qui se lit comme une invitation au voyage et au rêve de nouveaux horizons, mais aussi comme une proposition à mieux connaître autrui pour mieux le respecter…

Le Tour du monde en terres indigènes, écrit par Cécile Benoist et magnifiquement illustré par Julien Billaudeau, nous entraîne à la rencontre de sociétés indigènes – comme les navajos, les inuits ou encore les bushmen -, des peuples évoluant dans des systèmes sociaux tout à fait différents du nôtre, et dont l’alimentation, le langage, la médecine, les habitations, ou encore des concepts sociétaux comme la beauté et les rôles sociaux nous sont parfaitement étrangers. Ce tour du monde hétéroclite nous amène à repenser nos manières de vivre et d’être, à nous recontextualiser dans le monde que nous occupons (mais dont nous ne sommes ni maîtres, ni inventeurs), et à réaliser l’impact de la société occidentale – dévorante et homogénéisatrice – sur les autres.

Cécile Benoist nous prouve une nouvelle fois sa pertinence et son incroyable bienveillance pour l’Homme. Alors, et c’est une redite, bravo et merci à elle.

tour-du-modne-en-terres-indigenes-cecile-benoist-et-julien-billaudeau

Tour du monde en terres indigènes
Cécile Benoist et Julien Billaudeau
Actes sud junior – Août 2016
15 €
9782330066253

tour-du-monde-en-terres-indigenes

Enregistrer

L’avie d’Isée – Claude Ponti

Le dernier volet des aventures d’Isée, l’Avie d’Isée, a comblé notre fin d’année en venant donner tout son sens aux deux derniers albums de Ponti. En effet, Claude Ponti  y a tout mis : ses personnages, motifs, décors, mises en pages, son univers si singulier…

Il s’agit ici de l’avis ou la vie d’Isée : elle entre dans le livre, traverse les paysages, rencontre des monstres… Isée dort tranquillement dans son lit. Un livre posé contre sa bibliothèque se met soudain à grandir tandis que l’air d’Ah, vous dirai-je, maman en sort. Alors, Isée entre dans les pages comme on passe une porte et se retrouve au beau milieu d’une forêt-ville à parcourir. Au cours de son périple, un monstre la met au défi de se transformer en «la chose la plus puissante du monde». Sacré challenge ! Après réflexion et essais divers, Isée trouve une solution qui est à la fois une surprise, un clin d’oeil, un pied de nez et un point d’orgue…

Comme pour Adèle, on ressent le livre des livres qui apprivoise le monde.

L’avie d’Isée
Claude Ponti
Ecole des loisirs – Novembre 2013
18,80 €

Retrouver Isée dans Mô Namour et La venture d’Isée

Capture d’écran 2014-02-03 à 13.46.26