Petit Pois – Davide Cali et Sébastien Mourrain

A sa naissance, Petit Pois n’est pas plus grand… qu’un petit pois ! On le baigne dans un bol, son berceau est une boite d’allumettes, ses chaussures appartiennent à des poupées… Mais rien n’empêche Petit Pois de grandir (à son échelle) et de s’épanouir. Son univers est aussi vaste que son imagination, et rien ne l’arrête. Rien, sauf peut-être sa première confrontation à la société… L’école n’est pas un terrain pour lui. Tout y est démesurément grand ; il n’a plus de repères, plus de plaisir. Petit Pois se noie dans le moule qu’on lui impose. Que va-t-il devenir ?… Sans vous raconter la fin de cette histoire, je peux vous assurer que Petit Pois s’en sortira très bien, car rien n’arrête les esprits libres comme le sien.

Cette jolie histoire, illustrée par les traits délicats de Sébastien Mourrain, est une douce manière de nous parler des enfants qui ne se sentent pas à l’aise à l’école, qui ne rentrent pas dans le cadre de la normalité que la société aimerait les voir adopter. Cette belle histoire explique à ces enfants (et à leurs parents !) que ça n’est pas grave de ne pas ressembler aux autres. On voit bien ici que ce n’est pas Petit Pois qui a un problème – lui qui est de nature si heureuse et débrouillarde ! – : c’est l’école qui n’est pas faite pour l’accueillir, l’accepter et l’apprécier à sa juste valeur. Cela étant, ça ne l’empêchera pas de devenir un adulte épanoui, qui trouve sa place dans notre monde et surtout, c’est bien le plus important, un équilibre dans sa vie. Lorsque l’on sait ce que l’on désire, il est plus facile d’affirmer qui nous sommes. Rester soi est le plus beau cadeau que l’on puisse se faire pour être sûr de vivre ses plaisirs et sa vie comme on le souhaite.

Petit Pois
Davide Cali & Sébastien Mourrain
Actes sud junior – Février 2017
9782330075590
13,50 €

Critique du club des lecteurs : Les enfants du Capitaine Grant. Alexis Nesme.

Le mois de février, pour le club des lecteurs, a été consacré aux adaptations de romans via d’autres médias !

Depuis le début du cinéma, beaucoup de livres ont fait l’objet d’adaptations filmiques ; comme Autant on emporte le vent (en 1939), ou plus récemment Harry Potter – en 2001 pour le premier film -, ou encore Deadpool cette année 2016. Cependant, il existe d’autres types d’adaptations, comme celle passant du livre aux beaux-arts, ou à d’autres genres littéraires ; à savoir la poésie ou encore la bande dessinée.
Nos jeunes critiques littéraires se sont, eux, intéressés à deux types d’adaptations : celle passant du roman au film, avec l’œuvre d’Evelyne Brisou-Pellen Himalaya, l’enfance d’un chef, et une autre, passant du roman à la bande dessinée, avec l’œuvre originale de Jules Verne ; Les Enfants du Capitaine Grant.

Voici la critique des Enfants du Capitaine Grant, réalisée par Emma:

« Lors d’une sortie en mer, Lord Glenervan, Lady Héléna et leur équipage trouvent, dans le ventre d’un requin, un mystérieux message de détresse. Il révèle le naufrage d’un navire, le Britannia, et l’enlèvement de son capitaine, Lord Grant. S’il est impossible de savoir ce qu’il est advenu du capitaine et de son équipage, tant le message s’est abîmé, un indice de leur géolocalisation est tout de même lisible ; Grant et son équipe se trouveraient sur le 37e parallèle. Après quelques investigations, l’équipe de Lord Glenervan et Lady Héléna parvient à une conclusion quant à la localisation du capitaine Grant ; il pourrait se trouver en Patagonie. C’est ainsi que va débuter cette grande et longue aventure, entre mers et terres sauvages. Car Lord Glenervan, Lady Héléna, accompagnés des enfants du capitaine Grant, du major McNabbs et du géographe français Jacques Paganel, ne sont pas au bout de leurs surprises… Finiront-ils par retrouver le capitaine Grant ?…

J’ai beaucoup aimé l’adaptation en bande dessinée de ce roman de Jules Vernes. Non seulement, cette histoire m’a beaucoup accrochée, mais en plus, Alexis Nesme – scénariste et illustrateur ici – a su respecter l’esthétique du XIXe siècle ; la couverture est très belle et finement travaillée, et imite à la perfection celles des anciens romans, en cuir rouge et gravures dorées (Cf. Jules Verne). Sur la première de couverture, cinq personnages sont représentés, cheminant dans la montagne. En plus d’être une invitation à l’aventure, l’auteur nous annonce d’ores et déjà qu’il a choisi de personnifier ses personnages, et via l’animal choisi et leur positionnement sur cette illustration, nous devinons leur rang social et la place (plus ou moins importante) qu’ils auront dans l’histoire. Ainsi, Lord Glenervan – personnage important de l’histoire – est un tigre, placé au premier plan derrière le fils Grant (un chat = certainement agile et astucieux) en protecteur de ce dernier. Et en contre-bas, se trouve le géographe Jacques Paganel, une grenouille (pour représenter sa nationalité ?), particulièrement gaffeuse, mais qui sait toujours « rebondir » quelque soit la situation. Cette adaptation des humains en animaux n’a pas été un problème pour moi, même si certains regretteront la cohabitation d’animaux personnifiés avec des animaux qui ne le sont pas, sans vraisemblablement de choix logique ou explicable entre ceux qui sont au rang d’humains et ceux qui ne le sont pas. Pour ma part, cela ne m’a pas choqué ; j’ai surtout apprécié l’allusion aux fables de Jean de la Fontaine -notamment dans le rang social de chaque animal. Pour en finir avec mon analyse de l’illustration, je dirai que chaque vignette a fait l’objet d’un véritable travail des détails. Le pari esthétique est largement emporté.

Quant au texte et au choix des passages représentés dans la BD de l’ouvrage original, cela a très bien été réalisé. Pour moi, c’est un BD réfléchie, avec une certaine valeur intellectuelle ; elle ne cherche pas juste à distraire le lecteur – même si c’est un véritable plaisir de lecture – , mais c’est aussi une manière de recréer l’œuvre de Jules Verne et de la rendre plus accessible, comme Jules Verne lui-même rendait plus accessible les sciences à ses jeunes lecteurs contemporains.

L’illustration est le texte sont complémentaires ; parfois l’un prend le dessus sur l’autre, selon les effets recherchés par l’auteur – l’action appartenant plus à l’illustration, et la narration au texte.

J’aimerais finir cette critique en disant que j’ai remarqué une place importante faite aux femme dans cette BD. Lady Héléna, la femme du lord, est celle qui parvient à déchiffrer le message codé du capitaine Grant. Les autres personnages – à 95 % masculin – vont l’écouter et prendre en compte ce qu’elle dit. Je ne sais pas si Jules Verne l’a vraiment fait de cette façon, mais j’ai été agréablement surprise, car à l’époque de l’histoire, les femmes dans la société n’étaient absolument pas importantes ; considérées comme moins « utiles » que les hommes. »

Une super BD pour tous les férus de grandes aventures qui nous amènent au quatre coins du monde !

Les enfants du capitaine Grant - Verne et Nesme

Les enfants du capitaine Grant
Alexis Nesme
Delcourt – Mai 2009
10,95 €

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Les enfants du capitaine Grant - Nesme