Critique du club des lecteurs : Nouvelles contemporaines, Regards sur le monde – Delphine de Vigan, Timothée de Fombelle et Caroline Vermalle

Nouvelles contemporaines. Regards sur le monde, est un recueil de nouvelles, écrites par Delphine de Vigan, Timothée de Fombelle et Caroline de Vermalle.
Cet ouvrage ne recèle que de nouvelles écrites à la première personne, et chacune d’elles met en scène des personnages, des familles,… toujours différents.
Elsa compte le temps qu’il reste avant que son père ne revienne, et, à force de compter, elle pense que son cœur devient sec ; May dessine sa future maison pendant la nuit, dans son hôtel ; un écrivain nous raconte sa vision du monde à travers son écriture ; Gaston, un homme âgé, ne cesse de penser que les choses auraient pu être différentes si son père n’était pas parti à la guerre, et continue à l’attendre dans son carrousel ; Vincent, qui cherche à redonner goût à la vie à sa fille qui a essayé de se suicider. Tous ces personnages sont héros de différentes nouvelles, et chacun possède sa propre conception du monde. Regarder les choses à travers les yeux d’Elsa, c’est différent qu’à travers ceux de May ou ceux de Vincent. Et cela entraîne une réflexion sur notre propre perception de ce qui nous entoure et de ce que l’on vit.
Tous les membres du club des lecteurs s’accordent à dire que les nouvelles ne sont pas toutes égales. Cela étant, si certaines n’ont pas été appréciées par un lecteur, elles peuvent avoir été adorées par un autre. Voilà pourquoi il est difficile de ne citer qu’une seule opinion de lecteur. Je vous propose donc trois réflexions de lecteur, créées par la lecture de trois nouvelles différentes:
Pour Ambre, la nouvelle de Timothée de Fombelle « J’ai attendu » fut une véritable révélation. Après avoir longtemps réfléchi à la signification de l’attente du personnage principal, elle a réalisé que nos conditions de vies ne tiennent parfois (notamment lorsque l’on est enfant) qu’à la chance ou la malchance. Cela soulève des interrogations quant aux notions d’inégalité et d’injustice – « pourquoi moi, et pas elle ? » -, mais aussi de hasard.
Pour Paolo, c’est la nouvelle de Caroline Vermalle « La Fille du déménageur » qui l’a le plus enthousiasmé. Cette nouvelle, entièrement fondée sur la relation entre un père et sa fille, est un exemple évident selon lui que l’argent ne fait pas le bonheur, et que le bonheur ne s’achète pas. On ne le trouve que dans l’amour et l’affection que l’on porte aux gens qui nous sont importants et dans la capacité à le leur dire.
Pour Martin, la nouvelle de Timothée de Fombelle « Le Dernier tour » est bouleversante. Déjà, dans un premier temps, parce que les derniers instants changent tout à fait la compréhension de l’intégralité de la lecture. Mais aussi, et surtout, parce qu’elle met en évidence le chagrin intarissable que peut nous procurer la perte d’un être cher, et comment la tristesse peut « rendre fou » lorsqu’elle est liée à un refus de continuer à vivre malgré tout.
Et vous, quelle nouvelle aura changer votre regard sur le monde ?…

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Nouvelles contemporaines. Regards sur le monde
D. de Vigan, T. de Fombelle et C. Vermalle
Livre de poche – Avril 2012
4,95 €
9782013232876

Critique du club des lecteurs : La Joueuse de Go – Shan Sa.

La Joueuse de Go est un roman initiatique et historique, de littérature asiatique, écrit par Shan Sa dans les années 2000. L’histoire se déroule en Manchourie, dans la Chine des années 1930. On suit l’évolution de deux personnages ; une jeune fille et un jeune soldat. D’un chapitre à l’autre, nous suivons la vie de l’un, puis de l’autre.
Alors que la guerre entre la Chine et le Japon fait rage, deux jeunes adultes, une chinoise et un japonais, l’une passionnée par le go, l’autre par la guerre ; elle, poétique, lui, officier à l’armée. Eux, qui sont les contraires, les opposés ; ensemble, ils jouent au go et apprennent à s’aimer.
J’ai adoré ce livre, car il est magnifiquement écrit ! Et qui plus est, il est rédigé à la première personne, ce qui favorise une meilleure identification aux personnages.
La double narration – un chapitre nous parlant de la fille, et le suivant, du garçon – est réellement intéressante. Elle nous permet de comprendre les personnages, leur enfance, leurs pensées, mais aussi d’entrevoir les travers de la guerre (notamment lorsque l’on sait ce que vivent les rebelles…).
Sans vous en dire plus, je dois avouer que la fin du roman m’a surpris, ému, bouleversé.
[Cette critique a été rédigée par Emma, Paloma et Paolo. Merci à eux pour leur super travail !]
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La Joueuse de Go
Shan Sa
Gallimard – Janvier 2003 (pour cette édition)
7,70 €
9782070424191

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Critique du club des lecteurs : Wonder – J. R. Palacio.

Le club de lecteurs est de retour !

Nous commençons l’année avec Wonder, de J. R. Palacio, et la critique d’un nouveau venu dans le groupe : Martin !

« Wonder est un roman qui parle de la différence. Au fond, on est tous différents. Mais August, lui, a une différence physique ; il souffre d’une malformation du visage. Il a passé toute son enfance dans les hôpitaux, mais aujourd’hui ne subit plus d’interventions. Sa mère se demande s’il ne devrait pas rentrer au collège. Son père, lui, pense que c’est une mauvaise idée ; en effet, depuis sa naissance, Auggie est victime de moqueries, ou alors les gens s’enfuient en voyant son visage. August aussi est réticent à cette idée de collège, mais, finalement, sa mère va finir par le convaincre. C’est à cet instant que commence une nouvelle aventure pour August ; peut-être l’aventure la plus importante de toute sa vie…

J’ai beaucoup aimé ce livre, car il est émouvant et je me suis attaché au personnage d’Auggie. Je pense que ce livre exprime très bien ce que vivent certaines personnes, isolées par leur différence, et ça permet au lecteur (bien souvent « normal ») de nous mettre à leur place. J’ai bien aimé également le fait que le livre soit découpé en plusieurs parties, toutes écrites à la première personne du singulier et relatant les pensées d’August, mais aussi de certains de ses proches.

Ce roman m’a fait penser à Forest Gump, à l’enfance de ce personnage si différent – et notamment physiquement – qui se fait rejeter par tous… »

Julia, une autre nouvelle jeune fille du club de lecteurs, à qui nous souhaitons aussi la bienvenue parmi nous, a rajouté :

« La fin du roman est également très agréable. Il s’achève sur les différents préceptes de vie des personnages. Mon préféré est bien évidemment celui d’August : « Tout le monde mérite une ovation au moins une fois dans sa vie, parce que nous triomphons tous du monde ». »

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Wonder
J.R. Palacio
Pocket jeunesse – Mai 2014
17,90 €
9782266232616

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AUJOURD’HUI, C’EST LA FÊTE DU CLUB DE LECTEURS DES 18h30 !

Club

Pour fêter dignement l’été et vous souhaiter de belles vacances, la librairie vous propose un beau rendez-vous !

Vendredi 24 juin, à 18h30

Le club des lecteurs de Tire-Lire vous donne rendez-vous à la librairie pour vous présenter une sélection pointue de romans adolescents, afin de vous assurer un été littéraire sans faille, ni mauvaise surprise ! Cette présentation sera couronnée par un apéritif ; pour lever notre verre en leur honneur, celui de leur travail et de leur investissement. Nous vous attendons nombreux !

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Critique du club lecteurs : La Rivière à l’envers, Jean-Claude Mourlevat.

Le mois d’avril a vu arriver une nouvelle lectrice, la jeune Ambre, dans notre club ; bienvenue à elle ! Je vous invite à la découvrir via sa critique de La Rivière à l’envers de Jean-Claude Mourlevat.

« La Rivière à l’envers est un conte initiatique en deux tomes, où l’on observe l’évolution de Tomek (tome 1) et d’Hannah (tome 2). Tout au long de l’histoire, les deux héros vont apprendre à se connaître -mutuellement et individuellement- pour ressortir grandis de leur(s) aventure(s). Ce conte nous plonge dans le merveilleux, sans aucun repère spatio-temporel.

Dans le premier tome de La Rivière à l’envers, nous suivons donc Tomek. Ce jeune garçon est épicier. Il mène une vie paisible, mais, peu à peu, l’ennui le gagne. Un soir, une jeune fille d’une beauté incomparable vient dans sa boutique et lui parle d’une rivière qui coule à l’envers ; la rivière Qjar, celle qui rend immortel quiconque la boit. Après son départ, le garçon ne cesse de penser à celle qu’il appellera « la fille au sucre d’orge ». Il décide de partir à sa recherche, et donc à la recherche de la rivière, puisque telle était sa destination. Il va faire de nombreuses rencontres -les parfumeurs, Marie, l’île inexistante,..- et devra faire de nombreux choix, mais atteindra-t-il son but ?…

Ce livre est réellement très beau. J’ai aimé la façon qu’a l’auteur de nous transmettre les émotions de ses personnages. J’étais plongée dans l’histoire… Au fil des pages, on apprend peu à peu à connaître le héros, à comprendre son ressenti, et à partager sa vision du monde. »

Je rajouterai aux propos d’Ambre que la plume de Jean-Claude Mourlevat est un délice. A la fois fragile et poétique, elle a sur vous l’effet d’une langue magique ; elle sait rendre la lumière plus étincelante et la vie plus intense. Un chef-d’œuvre de la littérature, tous genres et âges confondus, et une poésie de la simplicité et de la douceur qui n’est pas sans rappeler celle de Christian Bobin*.

*auteur, poète et diariste français tout bonnement merveilleux, dont les écrits les plus fameux sont La Petite Robe de fête, Le Très Bas, ou encore La plus que vive.

La rivière à l'envers - Mourlevat

La rivière à l’envers. Tome T1
Jean-Claude Mourlevat
Pocket jeunesse – octobre 2009 (pour la dernière édition)
5,95 €

 

Critique du club des lecteurs : Himalaya, l’enfance d’un chef. Evelyne Brisou-Pellen.

Depuis le début du cinéma, beaucoup de livres ont fait l’objet d’adaptations filmiques ; comme Autant on emporte le vent (en 1939), ou plus récemment Harry Potter – en 2001 pour le premier film -, ou encore Deadpool cette année 2016. Cependant, il existe d’autres types d’adaptations, comme celle passant du livre aux beaux-arts, ou à d’autres genres littéraires ; à savoir la poésie ou encore la bande dessinée.
Nos jeunes critiques littéraires se sont, eux, intéressés à deux types d’adaptations : celle passant du roman au film, avec l’œuvre d’Evelyne Brisou-Pellen Himalaya, l’enfance d’un chef, et une autre, passant du roman à la bande dessinée, avec l’œuvre originale de Jules Verne ; Les Enfants du Capitaine Grant.

Voici la critique d’Himalaya, l’enfance d’un chef, réalisée par Noé :

« Au cours de ce roman d’Evelyne Brisou-Pellen, nous découvrons un enfant népalais – Tséring – dont le père, Lhapka, chef du village et de la caravane, est mort lors d’une expédition pour aller chercher du sel. Son grand-père Tinlé lui dit que c’est Karma, un homme ambitieux et éternel opposé de Lhapka qui l’aurait tué. Cela étant, comment être sûr de la parole de Tinlé qui ne rêve que d’une chose ; redevenir chef de la caravane. Tséring est voué à devenir chef, mais il va devoir tout apprendre.  Mais de qui ? et en qui avoir confiance ; Tinlé ou Karma ?

J’ai aimé le personnage de Tséring, son investissement dans cette mission de devenir chef et son envie d’honorer son père via son héritage. Karma est également un rôle important, notamment dans la formation de Tséring. C’est un personnage fort qui, finalement, est une figure paternelle pour Tséring. Il chercher uniquement à le protéger et le guider pour faire de lui un chef digne de ce nom. Par contre, le personnage de Tinlé m’a déplu. parfois dictateur et manipulateur, je l’ai trouvé trop orgueilleux.

Himalaya est un très bon roman d’initiation et il m’a beaucoup plu. Cette relation entre les montagnes, les dieux et les Hommes – les personnages ne se fiant qu’aux dieux et se méfiant des démons – ; ce mystique m’a beaucoup touché. Pour eux, la Terre est une mère, et connaître tous les noms des montagnes signifie devenir un dieu. Ne devrions-nous pas nous en inspirer ?… »

Himalaya - Brisou Pellen

Himalaya, l’enfance d’un chef
Evelyne Brisou-Pellen
Pocket jeunesse – 1999 (dernière édition)
5,95 €

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Critiques du club lecteurs : Autrefois l’Olympe… Mythes en haïkus. Agnès Domergue et Cécile Hudrisier.

Le haïku est une forme poétique d’origine japonaise qui obéit à de nombreuses règles, comme, notamment, le fait qu’il doive mesurer 17 syllabes, ou encore ne pas aborder de thèmes violents tels que la guerre, la mort, les crimes, etc. Le haïku doit raconter des choses belles et simples ; comme une envie de sublimer le quotidien.

Agnès Domergue s’est essayée à cet exercice, secondée par Cécile Hudrisier à l’illustration, dans leur ouvrage Autrefois l’Olympe… Mythes en haïkus, où elles mêlent la tradition du haïku, la mythologie gréco-romaine et l’aquarelle.

L’avis de Paolo :

« J’ai aimé cet ouvrage, d’abord car il m’a appris de nombreux mythes que je ne connaissais pas. Les textes sont poétiques et mystérieux ; ils ont une couleur particulière que le roman n’a pas. J’ai lu Autrefois l’Olympe plusieurs fois, et je peux dire que chaque lecture apporte une nouvelle subtilité à la compréhension. Les illustrations sont aussi très appliqués, et j’adore l’aquarelle car, comme son nom l’indique, elle donne un côté aquatique à l’œuvre, et une impression de dilution. Cet aspect est très intéressant, surtout aux vues d’Agnès Domergue, qui définit le haïku comme « un monde dans une goutte d’eau ». »

L’avis de Noé :

« J’ai adoré ce livre ! Il m’a fait découvrir le haïku, qui a quelque chose d’ancestral dans sa forme, et des personnages mythologiques que je ne connaissais pas, comme Sisyphe, Midas ou Pan. Et puis la présentation de l’ouvrage est vraiment plaisante ; cela fonctionne un peu comme une devinette ou une énigme, pour comprendre, entre les mots et l’illustration, de quel mythe on nous parle. »

Noé vous propose un haïku ; saurez-vous retrouver de quel mythe il s’est inspiré ?

« Une belle pomme d’amour

mère de discorde et querelle –

pour le cœur d’une belle. »

Autrefois l'Olympe - Agnès Domergue et Cécile Hudrisier

 

Autrefois l’Olympe… Mythes en haïkus

Agnès Domergue et Cécile Hudrisier

Thierry Magnier – Février 2015

11 €