La poupée de Ting Ting – Ghislaine Roman et Régis Lejonc

La parole libératrice d’une enfant qui, en perdant sa poupée, revit la perte de son père.
Un album d’une immense douceur et d’une grande intelligence, qui aborde le deuil du père avec finesse.

Ting Ting est une petite fille. Un matin, en se réveillant, elle constate qu’elle a perdu sa poupée. Elle espère l’avoir oublié à la rizière, mais elle se rend vite à l’évidence ; sa mère l’a certainement confondu avec les autres poupées qu’elle vend au marché chaque jour et la prendre.
L’angoisse hante dès lors la pauvre Ting Ting, qui pense que sa mère ne sait pas l’importance de cette poupée, qu’elle ne sait pas que son père lui en a fait cadeau quelques heures avant de mourir.
La grand-mère réalise le mal qui ronge la petite fille. Elle lui conseille alors d’en parler, de se confier à un arbre, comme elle faisait elle-même dans son enfance. Ting Ting écoute ce conseil et parle longuement à un arbre qui prend le temps de l’écouter. Après avoir dit sa peine et ses doutes, la petite fille se sent déjà mieux, comme soulagée, même si sa poupée lui manque toujours.
Le soir venu, quand la mère de Ting Ting rentre, elle explique qu’il s’est passé une chose extraordinaire pendant le marché ; un héron semant la pagaille, empêchait quiconque de s’approcher de ses poupées. Elle a donc du partir plus tôt que prévu du marché pour cesser d’importuner les autres commerçants. Dans ce même temps, elle demande également pardon à sa fille pour lui avoir pris sa poupée par mégarde, et espère qu’elle n’a pas passé sa journée à se tracasser. Ting Ting réalise alors que sa mère était au courant de tout ; du cadeau de son père, et de la valeur de cette poupée à ses yeux, de sa peine de grandir sans père et de n’avoir qu’une petite poupée pour se souvenir de son amour. Ting Ting ne lui avait jamais parlé de tout ça, mais sa mère savait. La petite fille se sent alors légère, débarrassée de ce silence étouffant qui recouvrait la mort du père, et à nouveau en possession de sa chère petite poupée.

Cet album, dont il faut souligner la sublime mise en images de Régis Lejonc et le texte de Ghislaine Roman, traite de la mort du père avec subtilité et intelligence. Cette petite fille, tout à la fois fragile et courageuse, et cette tristesse pour sa poupée perdue, qui pourrait être dérisoire si elle n’était pas bouleversante, toucheront les petits comme les grands.
Une histoire très émouvante, qui reprend les codes de la sagesse nippone.

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La poupée de Ting Ting
Ghislaine Roman et Régis Lejonc
Seuil jeunesse – Janvier 2015
15 €

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